La Côte d’Ivoire renforce la gouvernance locale de ses ressources en eau avec la mise en place du Comité local de l’eau et de l’assainissement (CLEA) du Haut-Solomougou. Cette nouvelle instance doit servir de cadre de concertation entre administrations, collectivités territoriales, usagers, autorités coutumières et organisations de la société civile autour de la gestion durable de l’eau.
Le comité s’inscrit dans le projet d’appui à la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans le Haut-Bandama. Sa création intervient dans un contexte marqué par les conflits d’usage et par plusieurs pressions exercées sur les ressources hydriques, notamment l’orpaillage clandestin, les rejets industriels non contrôlés et l’utilisation excessive d’intrants agricoles. La démarche repose sur une gouvernance de proximité. Le CLEA permettra de favoriser l’adhésion des différents acteurs à une gestion concertée de l’eau, appuyer les actions de protection et de restauration du domaine public hydraulique et promouvoir de meilleures pratiques pour préserver la qualité des eaux. Il doit également renforcer la coordination avec les autres structures intervenant dans la gestion des bassins hydrographiques. L’assainissement figure également parmi ses missions. Le comité devra sensibiliser les populations à la réalisation de latrines en milieu rural et lutter contre la défécation à l’air libre ainsi que les pratiques susceptibles de contaminer les eaux de surface et les nappes souterraines.
La mise en place du CLEA du Haut-Solomougou résulte d’un processus de concertation ayant associé les services de l’État, les collectivités, les usagers et la société civile. Une quarantaine de participants avaient pris part à la rencontre consacrée à sa création, organisée par la Direction de la Protection et de l’Aménagement des Ressources en Eau du ministère des Eaux et Forêts. Cette initiative s’inscrit plus largement dans la réforme de la gouvernance de l’eau engagée par la Côte d’Ivoire. Le nouveau Code de l’eau adopté en 2023 consacre la Gestion intégrée des ressources en eau comme principe directeur et prévoit une organisation reposant sur des comités et agences de bassin ainsi que des structures locales de concertation. Le bassin du Bandama sert actuellement de zone pilote pour cette nouvelle approche.
Anne Marie KOUADIO






