L’Afrique de l’Ouest et le Sahel devraient connaître une fin de saison des pluies 2026 marquée par d’importantes disparités pluviométriques et des températures supérieures à la normale. Selon les dernières prévisions du Centre régional AGRHYMET, certaines zones occidentales pourraient enregistrer des déficits de précipitations, tandis que le Centre et l’Est de la région bénéficieraient de conditions relativement plus humides. Au Burkina Faso, les cumuls pluviométriques attendus pour la période d’octobre à décembre 2026 devraient être globalement proches, voire localement supérieurs à la moyenne.
Dans sa note technique n° 4 consacrée à la mise à jour des prévisions saisonnières 2026, publiée en octobre, le Centre régional AGRHYMET dresse les perspectives climatiques pour les périodes octobre à janvier 2027. Ces prévisions interviennent dans un contexte climatique marqué par un fort épisode d’El Niño et des anomalies de température de surface de la mer dans plusieurs bassins océaniques tropicaux.
Selon AGRHYMET, le réchauffement du Pacifique équatorial central et oriental, avec des anomalies atteignant localement 3 à 4 °C, pourrait influencer la circulation atmosphérique et la répartition des précipitations en Afrique de l’Ouest. À ce phénomène s’ajoutent les températures de surface de la mer supérieures à la normale observées dans l’Atlantique tropical, la Méditerranée et l’océan Indien, dont les interactions contribuent à modifier la dynamique de la mousson ouest-africaine.
Pour la période d’octobre à décembre 2026, les prévisions indiquent des contrastes pluviométriques entre les différentes parties de la région. Des précipitations inférieures à la moyenne sont attendues dans certaines zones du Sénégal, de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia. Cette situation pourrait entraîner un arrêt relativement précoce des pluies, accentuant les risques de stress hydrique pour les cultures de fin de cycle et de diminution des ressources en eau.
À l’inverse, le Burkina Faso, le sud du Mali, le nord de la Côte d’Ivoire, ainsi que certaines parties du Ghana, du Togo et du Bénin, devraient enregistrer des cumuls pluviométriques proches de la moyenne à localement supérieurs. Des conditions plus humides sont également prévues dans une grande partie du centre et du nord du Nigeria.
Si ces perspectives peuvent être favorables aux cultures de fin de cycle dans certaines zones sahéliennes, elles comportent également des risques pour les activités agricoles. AGRHYMET prévient que des pluies tardives ou particulièrement intenses pourraient perturber les opérations de récolte, de séchage et de stockage des productions. Des inondations localisées demeurent également possibles dans les secteurs les plus exposés.
Pour la période de novembre 2026 à janvier 2027, les prévisions annoncent un retrait progressif de la mousson et l’installation de la saison sèche dans les pays sahéliens et les zones soudaniennes. Les précipitations devraient alors se concentrer principalement sur la bande côtière du golfe de Guinée. Certaines zones du Ghana, du Togo, du Bénin et, plus particulièrement, du Sud du Nigeria pourraient connaître des déficits pluviométriques.
Au-delà de la répartition des pluies, l’évolution des températures constitue une autre préoccupation majeure. Selon les projections d’AGRHYMET, la période d’octobre à décembre 2026 devrait être plus chaude que la normale sur la quasi-totalité de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, avec un signal particulièrement marqué dans les parties centrale et orientale de la bande sahélienne.
Cette situation pourrait accentuer les risques de stress thermique pour les populations et le bétail, augmenter les besoins en eau et renforcer la demande énergétique. La persistance de températures élevées risque également d’accroître l’évapotranspiration, avec des conséquences possibles sur l’humidité des sols, les pâturages et les ressources hydriques.
Face à ces perspectives, le Centre régional AGRHYMET appelle les pays de la région à renforcer leurs dispositifs de surveillance hydrométéorologique et agrométéorologique. L’accent est notamment mis sur le suivi du retrait de la mousson, des séquences sèches, des pluies intenses, des risques d’inondation et des épisodes de forte chaleur.
Alpha BARRO
Télécharger : La note technique officielle du Centre régional AGRHYMET CCR-AOS






