Le Zimbabwe entend faire de ses importantes ressources minières un moteur de transformation économique. Selon une récente analyse de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), le pays dispose d’atouts considérables, notamment dans le lithium, l’or et le platine, pour renforcer son industrie et se positionner sur les marchés internationaux des minerais stratégiques. Avec une croissance économique estimée à 8,3 % en 2025 et projetée à 5 % en 2026, le pays d’Afrique australe ambitionne de passer progressivement d’une économie exportatrice de matières premières à une économie davantage tournée vers leur transformation locale.
Dans sa note économique consacrée au Zimbabwe, publiée le 16 octobre 2026, Afreximbank met en évidence les perspectives de développement du pays, portées par la reprise de la production agricole, les performances du secteur minier et les réformes engagées par les autorités. La hausse des exportations d’or, soutenue par des cours mondiaux favorables, figure parmi les principaux facteurs ayant contribué à la croissance économique enregistrée en 2025. Selon les projections de la Banque, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait atteindre 5 %, grâce à l’amélioration des rendements agricoles, à l’augmentation des dépenses publiques et aux perspectives favorables du secteur aurifère.
L’évolution de l’inflation constitue également un élément important de cette dynamique. Après un taux estimé à 55 % en 2025, Afreximbank prévoit un ralentissement à 3,9 % en 2026. Cette amélioration attendue serait favorisée par la stabilisation de la monnaie nationale, le Zimbabwe Gold (ZiG), soutenue par une production aurifère accrue et une augmentation des entrées de devises.
Au-delà de ces indicateurs macroéconomiques, le principal atout stratégique du Zimbabwe réside dans son potentiel minier. Selon Afreximbank, le pays possède les plus importantes réserves de lithium du continent africain et certains des gisements de spodumène les plus riches au monde. Ce minerai, utilisé pour la production de lithium, occupe une place essentielle dans les chaînes de fabrication des batteries destinées aux véhicules électriques et aux systèmes de stockage de l’énergie.
À ce potentiel s’ajoutent d’importantes ressources en or, en métaux du groupe du platine, en diamants et en chrome. Cette diversité minérale place le Zimbabwe dans une position favorable pour tirer parti de la demande internationale liée à la transition énergétique et au développement des technologies industrielles.
Toutefois, les autorités zimbabwéennes ne souhaitent plus limiter les retombées économiques de ces ressources à leur simple extraction et exportation. En février 2026, le pays a introduit des restrictions à l’exportation de minerais bruts et de concentrés de lithium, dans le but d’encourager leur transformation sur le territoire national. Cette orientation s’inscrit dans la deuxième Stratégie nationale de développement (NDS2), couvrant la période 2026-2030.
Pour Afreximbank, la transformation locale des minerais représente une opportunité majeure pour les économies africaines. Elle pourrait permettre au Zimbabwe d’accroître la valeur de ses exportations, de développer de nouvelles compétences industrielles et de renforcer ses échanges commerciaux avec les autres pays du continent.
Robert ADJOVI






