Côte d’Ivoire : les Journées foncières d’Abidjan veulent faire de la sécurisation des terres un levier d’investissement et de paix sociale

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La première édition des Journées foncières d’Abidjan (JFA 2026) s’est achevée le 7 octobre 2026 au Parc des Expositions de Port-Bouët, après trois jours d’échanges consacrés à la sécurisation des terres, à la prévention des conflits et à la modernisation de la gouvernance foncière. L’événement a réuni décideurs publics, experts, partenaires au développement, professionnels du secteur et délégations étrangères autour du thème : « La sécurisation foncière : un facteur de cohésion sociale et un levier pour l’investissement productif, la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, ainsi que le développement durable ».

Ouvertes le 5 octobre sous le haut patronage du Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, les JFA ont été conçues comme une plateforme internationale de dialogue sur les réformes foncières. Le programme associait salon du foncier, conférences thématiques, table ronde des ministres et échanges avec les bailleurs. Lors du lancement de l’événement, les organisateurs avaient annoncé la participation d’acteurs issus de 14 pays d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.

Les travaux ont aussi permis à la Côte d’Ivoire de dresser un état des lieux de la sécurisation du foncier rural. Le pays compte environ 23 millions d’hectares à sécuriser, 8 631 villages à délimiter et près de 1,5 million de certificats fonciers à délivrer, auxquels doivent s’ajouter autant de contrats agraires à formaliser. Les progrès enregistrés depuis la création de l’Agence foncière rurale (AFOR) restent importants, même si le chantier est encore loin d’être achevé. En 2017, la Côte d’Ivoire comptait 284 villages délimités et bornés et environ 4 000 certificats fonciers délivrés. Les chiffres présentés lors des JFA font désormais état de 5 786 villages délimités et bornés, 68 026 certificats fonciers délivrés et 86 447 contrats agraires signés.

Selon une évaluation indépendante réalisée en 2025 et citée par le ministère de l’Agriculture, ces avancées auraient contribué à réduire d’environ 30 % les conflits fonciers dans les zones concernées. Pour les autorités, il s’agit aussi de sécuriser les investissements agricoles, d’améliorer l’accès à la terre et de limiter les tensions entre communautés et exploitants.

Au terme des trois jours, les participants ont notamment recommandé de privilégier davantage le dialogue et la médiation dans le règlement des litiges, de renforcer les mécanismes de prévention au niveau local et d’intensifier la coopération entre États sur les questions foncières. La digitalisation, l’inclusivité et un meilleur accès à la terre pour les femmes et les jeunes figurent également parmi les pistes mises en avant. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a également plaidé pour l’institutionnalisation des Journées foncières d’Abidjan et leur évolution, à terme, vers de véritables Journées foncières africaines.

Anne Marie KOUADIO

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