Côte d’Ivoire : le gouvernement encadre par décret les périodes de repos biologique dans les eaux maritimes et continentales

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La Côte d’Ivoire renforce son dispositif de protection des ressources halieutiques. Réuni en Conseil des ministres le 14 octobre 2026 à Abidjan, le gouvernement a adopté un décret relatif au repos biologique dans les eaux maritimes et continentales, afin de donner un cadre réglementaire aux périodes de fermeture temporaire de la pêche.

Présenté par le ministère des Ressources animales et halieutiques, le texte s’inscrit dans l’application de la loi du 26 juillet 2016 relative à la pêche et à l’aquaculture ainsi que dans les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire en matière de conservation durable des ressources halieutiques.

Concrètement, le décret institue des périodes obligatoires de repos biologique dans les pêcheries marines, lagunaires et lacustres. Pendant ces périodes, les opérations de pêche sont interdites dans les eaux concernées, aussi bien pour les navires et embarcations que pour les personnes physiques. L’objectif est de réduire temporairement la pression de pêche afin de permettre aux espèces de se reproduire et aux stocks de poissons de se reconstituer naturellement. Cette décision vient consolider une pratique déjà expérimentée depuis 2023. En effet, pour la campagne 2026, la Côte d’Ivoire avait fermé la pêche industrielle chalutière et sardinière du 1er juillet au 31 août et suspendu la pêche artisanale maritime durant le mois de juillet. Des restrictions spécifiques avaient aussi été appliquées dans plusieurs lagunes et plans d’eau continentaux.

Dans les lacs de Kossou, Buyo, Soubré et Taabo, ainsi que dans les cours d’eau adjacents, la période de repos biologique 2026 s’étend du 1er septembre au 31 octobre, avec l’interdiction des filets maillants et des nasses. Une visite effectuée début septembre à Taabo avait permis au ministère de constater l’adhésion des pêcheurs à cette mesure.

Les autorités mettent en avant les premiers résultats enregistrés depuis le lancement de cette politique. Selon le ministère, les captures globales dans les eaux sous juridiction ivoirienne sont passées de 85 727 tonnes en 2022 à 102 873 tonnes en 2025, soit une hausse d’environ 20 %. Cette évolution est présentée par les autorités comme un indicateur encourageant, sans permettre à elle seule d’attribuer cette progression au repos biologique.

Avec l’adoption du nouveau décret, le repos biologique passe d’un dispositif appliqué périodiquement à un mécanisme inscrit plus clairement dans la réglementation nationale. L’enjeu est de concilier renouvellement des stocks de poissons, maintien durable de l’activité de pêche et préservation des revenus des communautés qui dépendent des ressources halieutiques.

Anne Marie KOUADIO

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