UEMOA : Lomé et San Pedro célèbrent l’agroécologie pour la souveraineté alimentaire et l’innovation durable

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Du 7 au 10 avril 2026, l’Afrique de l’Ouest vit au rythme d’une révolution agricole sans précédent. Alors que la capitale togolaise accueille la première édition du Forum national sur l’agroécologie et l’agriculture biologique (FNAAB), la ville de San Pedro, en Côte d’Ivoire, devient simultanément le théâtre du tout premier Salon mondial de l’agroécologie (SMAE).

Ce double événement, placé sous le signe de la souveraineté alimentaire et de l’innovation durable, marque un tournant historique pour un secteur qui mobilise plus de 60 % de la population active en Afrique de l’Ouest et représente un pilier économique majeur pour toute la sous-région. Pour les experts réunis à Lomé comme pour les participants de la « messe mondiale » de San Pedro, le message est unanime : l’agroécologie n’est plus une option de niche, mais une exigence structurelle pour restaurer la fertilité des sols et garantir la résilience face aux crises climatiques.

Les défis à relever sont immenses. Au Togo, leader de l’exportation biologique vers l’Union européenne, le secteur a subi une chute de production de 15 % entre 2023 et 2024, un signal d’alerte qui impose une restructuration profonde des filières. En Côte d’Ivoire, le choix stratégique de San Pedro (premier port mondial d’exportation de cacao) pour abriter le salon mondial souligne la volonté de démontrer que l’innovation naît au contact direct des producteurs et des territoires.

Le SMAE se veut ainsi une vitrine internationale des avancées scientifiques et des savoirs locaux, visant à transformer les systèmes agroalimentaires pour mieux protéger les écosystèmes. À Lomé, les débats convergent également vers cette urgence de passer de l’action fragmentée à un mouvement collectif capable de peser sur les politiques publiques.

Au cœur de ces échanges, quatre leviers majeurs sont actionnés : la gouvernance territoriale, le financement adapté, l’accès aux marchés et l’inclusion sociale. Les participants explorent des mécanismes innovants tels que les crédits carbones, les fonds verts et les systèmes de garantie participative (SPG) pour sécuriser les revenus des petits exploitants. L’accent est mis sur l’autonomisation des femmes et des jeunes, considérés comme les fers de lance de cette transition vers une agriculture « sans destruction ».

En clôture de ces rencontres, l’adoption d’une feuille de route nationale au Togo et le renforcement des partenariats internationaux à San Pedro doivent permettre d’amorcer une mise en œuvre effective sur le terrain. Pour l’Afrique de l’Ouest, il s’agit désormais de produire, de consommer localement et de bâtir un modèle capable de nourrir durablement le continent et le monde.

Robert ADJOVI

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