Commerce international : le Ghana valorise ses matières premières pour une économie forte

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En 2025, les exportations non traditionnelles (ENT) du Ghana ont franchi pour la première fois la barre des 5 milliards de dollars, atteignant précisément 5,006 milliards de dollars, soit une progression fulgurante de 30,7 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre illustre une stratégie nationale visant à transformer localement les richesses du pays avant de les envoyer sur le marché mondial. En effet, au lieu d’expédier uniquement des fèves brutes, le Ghana a vu ses revenus issus de la pâte de cacao bondir de 70 %, pour atteindre 789,3 millions de dollars, tandis que les exportations de beurre de cacao ont plus que doublé.

Selon le rapport, cette dynamique ne se limite pas au chocolat. Le secteur agricole dans son ensemble, hors cacao traditionnel, a généré 710 millions de dollars, porté par la résilience des noix de cajou et une explosion spectaculaire du secteur du karité. Les exportations de noix de karité ont en effet augmenté de 116 %, une hausse stimulée par l’anticipation d’une interdiction prochaine des exportations de noix brutes, poussant les acteurs à accélérer les expéditions avant que la transformation locale ne devienne obligatoire. Même le secteur de l’igname a surpris les observateurs avec une croissance vertigineuse de 559 %. Parallèlement, l’industrie manufacturière ghanéenne s’affirme avec vigueur : les produits en plastique, les plaques d’aluminium et le thon en conserve ont tous enregistré des hausses de plus de 30 %, prouvant que le « Made in Ghana » gagne du terrain dans la construction et l’agroalimentaire international.

Cette réussite s’appuie sur une diversification stratégique des marchés. Si l’Europe, menée par les Pays-Bas, demeure la principale destination de ces produits, le Ghana renforce son influence sur continent africain. Grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et à la dynamique de la CEDEAO, les échanges intra-africains représentent désormais plus de 30 % des revenus des exportations non traditionnelles.

Malgré quelques zones d’ombre, le Ghana Export Promotion Authority (GEPA) vise désormais la barre des 10 milliards de dollars d’ici 2030. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur un soutien accru aux petites et moyennes entreprises et sur le programme « Feed the Industry », conçu pour garantir que les usines locales ne manquent jamais de matières premières à transformer.

Anne Marie KOUADIO

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