Côte d’Ivoire : les bilans alimentaires font état d’une forte dépendance aux produits importés

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Le récent rapport sur les bilans alimentaires de la Côte d’Ivoire, couvrant la période allant de 2018 à 2021, dresse un portrait fascinant et riche d’enseignements sur la manière dont les Ivoiriens se nourrissent et sur les défis qui attendent les acteurs de la chaîne agricole.

Pour le consommateur, la disponibilité énergétique moyenne s’est établie à 2 865 Kcal par personne et par jour, dépassant largement la norme de 2 414 Kcal préconisée par la FAO, ce qui indique un équilibre alimentaire global en termes d’apport énergétique. Cependant, cette apparente sécurité repose sur une structure très spécifique où les produits d’origine végétale dominent, contribuant à plus de 97 % de l’énergie totale disponible, tandis que les produits animaux ne représentent qu’une part marginale de 2,90 %. Le trio de tête de la consommation nationale reste immuable : le riz, le manioc et l’igname sont les piliers de l’alimentation, le riz dominant à lui seul près de 30 % des apports caloriques.

Pour les producteurs, les données du rapport confirment la vitalité de certaines filières, notamment les racines et tubercules comme l’igname et le manioc, pour lesquelles le pays affiche une autosuffisance exemplaire, couvrant l’intégralité des besoins nationaux par la production locale. La banane plantain complète ce tableau de réussite avec une forte disponibilité et un taux de couverture des besoins qui reste constant.

Télécharger le Rapport sur les bilans alimentaires de la Côte d’Ivoire, couvrant la période allant de 2018 à 2021

Toutefois, derrière ces chiffres de production, des zones de vulnérabilité subsistent et doivent interpeller tant les décideurs que les entrepreneurs agricoles. Le défi majeur demeure la dépendance au riz importé, qui affiche un taux de dépendance de 50,05 %, soulignant l’urgence de renforcer les stratégies de production locale pour ce produit de première nécessité. Le rapport note également une dépendance pour d’autres produits essentiels du quotidien, tels que l’oignon, la tomate et le blé, dont la production nationale peine encore à satisfaire la demande intérieure.

Le secteur de l’élevage présente un paradoxe similaire. En effet, si la filière volaille se porte bien avec un taux d’autosuffisance dépassant les 100 %, la Côte d’Ivoire reste lourdement tributaire de l’extérieur pour la viande de porc et les produits laitiers, avec une dépendance aux importations de produits animaux qui a crû pour atteindre plus de 32 % en 2021. Pour les entrepreneurs, ces manques représentent autant d’opportunités d’investissement et de marchés à conquérir.

Un autre point de vigilance concerne les pertes post-récolte, particulièrement élevées pour le riz et les fruits comme la banane, représentant un manque à gagner considérable pour les exploitants et une pression inutile sur l’offre alimentaire. En somme, si la Côte d’Ivoire parvient à nourrir sa population en quantité, le passage vers une véritable souveraineté alimentaire nécessitera une diversification accrue des cultures et une modernisation des infrastructures de stockage et de transformation pour réduire la facture des importations et mieux valoriser le labeur des paysans.

Anne Marie KOUADIO

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