Sécurité alimentaire : 1,5 milliard de dollars pour soutenir la production alimentaire africaine

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La Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de la Banque africaine de développement a touché quelque 15 millions d’agriculteurs dans 34 pays et contribué à produire 45 millions de tonnes supplémentaires de denrées alimentaires. Réunis lundi à Kigali, au Rwanda, les ministres, partenaires au développement et acteurs privés ont examiné ces résultats et appelé à prolonger les acquis de cette initiative de 1,5 milliard de dollars au-delà de l’urgence.

Lancée en mai 2022, la facilité a permis de fournir plus de 400 000 tonnes de semences certifiées et près de 3 millions de tonnes d’engrais aux producteurs. Elle a également mobilisé environ 300 millions de dollars auprès de partenaires, notamment le Japon, la Norvège, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Les effets ont été visibles dans plusieurs pays. Au Nigeria, la production de blé a été multipliée par quatre, tandis qu’en Côte d’Ivoire, la production de maïs a doublé. Dans ce dernier pays, un projet cofinancé par la Banque africaine de développement et l’Agence japonaise de coopération internationale a amélioré l’accès aux engrais et aux semences de qualité pour les producteurs de manioc, de maïs et de riz. En République centrafricaine, un financement de 5,4 millions de dollars a soutenu la production de manioc, de maïs et de riz et renforcé les capacités nationales de recherche agricole.

Pour Martin Fregene, vice-président par intérim du Groupe de la Banque africaine de développement chargé de l’Agriculture, du Développement humain et social, les mécanismes d’urgence doivent désormais laisser place à des activités agricoles durables. Il a cité l’accès au crédit, à l’assurance, aux intrants et aux marchés comme des éléments essentiels.

Quant au ministre nigérian de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Abubakar Kyari, il a appelé à diversifier les sources d’approvisionnement en denrées et en intrants et à renforcer les financements publics, concessionnels et privés. Le vice-président de la JICA, Seisuke Inoue, a, de son côté, défendu davantage d’investissements dans l’irrigation, les services de vulgarisation et les partenariats agricoles.

Par ailleurs, les participants ont insisté sur les systèmes semenciers, les infrastructures numériques, la recherche et les partenariats public-privé. Selon Innocent Musabyimana, chargé en chef des technologies agricoles du Groupe de la Banque, le prochain défi est de transformer les résultats obtenus dans l’urgence en solutions durables pour l’accès aux semences, aux engrais et aux marchés.

Avec une population africaine qui devrait atteindre 2,5 milliards d’habitants en 2050, Moses Vilakati, commissaire de l’Union africaine chargé de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable, a appelé à mieux aligner les financements d’urgence sur les calendriers agricoles et à renforcer les systèmes nationaux.

Ahoua KIENDREBEOGO

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