Afrique : la BAD et la France ont mobilisé 2,4 milliards d’euros de cofinancements depuis 2021 dans des secteurs stratégiques

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Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et la France renforcent leur coopération pour mobiliser davantage de capitaux et accroître la participation du secteur privé au financement du développement en Afrique. Depuis 2021, la BAD et l’Agence française de développement (AFD) ont mobilisé environ 2,4 milliards d’euros de cofinancements dans plusieurs secteurs stratégiques du continent.

Selon la BAD, ces financements concernent notamment la transition vers les énergies propres, l’adaptation et la résilience climatiques, les infrastructures régionales de transport, l’eau et l’assainissement, le développement du secteur privé ainsi que la création d’emplois. L’approche associe financements publics, partage des risques, expertise technique et mobilisation d’investissements privés. Une attention particulière est accordée aux petites entreprises et à l’entrepreneuriat. En 2024, la BAD et l’AFD ont convenu de développer des instruments en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Togo combinant financement, assistance technique, dialogue sur les politiques publiques et renforcement des écosystèmes entrepreneuriaux. Ces interventions cherchent à répondre au déficit de financement des microentreprises et PME africaines, estimé à 331 milliards de dollars.

L’inclusion financière numérique constitue un autre axe de coopération. La Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique, cofondée en 2019 par la BAD et l’AFD avec la Fondation Gates et le Luxembourg, finance des infrastructures et des solutions destinées à élargir l’accès aux services financiers. Les femmes, les jeunes, les agriculteurs, les petites entreprises et les populations rurales figurent parmi les bénéficiaires ciblés. En 2025, l’AFD s’est engagée à apporter 3 millions d’euros supplémentaires, portant sa contribution totale à plus de 5 millions d’euros. La France intervient aussi dans le financement des entreprises dirigées ou détenues par des femmes. Elle s’est engagée à hauteur de 135 millions de dollars en faveur de l’initiative AFAWA de la BAD, soit plus de la moitié de l’enveloppe actuelle du programme. Ce dispositif associe garanties et assistance technique afin d’encourager les institutions financières à augmenter leurs prêts aux entrepreneures africaines.

Cette coopération doit également permettre de mieux préparer les projets avant leur présentation aux investisseurs. La BAD souligne que l’accès au capital dépend de la qualité des études, des capacités juridiques, de la structuration financière et du partage des risques. La France contribue à la Facilité africaine de soutien juridique, qui accompagne les gouvernements dans la négociation de transactions commerciales et financières complexes. Le partenariat s’inscrit dans la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) promue par la BAD. Cette initiative cherche à renforcer la coordination entre les institutions financières et à mobiliser davantage de ressources face à un déficit annuel de financement du développement africain évalué à 400 milliards de dollars.

Anne Marie KOUADIO

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