Le Kenya va mobiliser environ 6 milliards de shillings kényans, soit près de 46 millions de dollars, pour subventionner les semences certifiées de maïs. Le dispositif doit permettre aux producteurs de réduire leurs coûts de production et de relancer les cultures après les pertes occasionnées par la sécheresse dans plusieurs grandes zones agricoles du pays. L’intervention portera, selon certaines sources, sur environ 40 millions de kilogrammes de semences de maïs. Le gouvernement prendra en charge 50 % de leur coût, faisant passer le prix payé par les agriculteurs de 300 à 150 shillings le kilogramme.
Concrètement, un paquet de 2 kg coûtera désormais 300 shillings contre 600 auparavant. Celui de 10 kg passera de 3 000 à 1 500 shillings, tandis que le conditionnement de 25 kg sera vendu 3 750 shillings au lieu de 7 500. Les semences subventionnées seront distribuées à travers des circuits désignés par le gouvernement. La mesure s’accompagne d’une nouvelle baisse du prix des engrais. Le sac de 50 kg d’engrais subventionné sera commercialisé à 2 000 shillings, contre 2 500 précédemment. Selon le ministre kényan de l’Agriculture et du Développement de l’élevage, Mutahi Kagwe, ces mesures doivent aider les exploitants à reprendre la production et à se préparer à la prochaine période de pluies.
Cette intervention intervient après une période sèche qui a affecté les cultures dans plusieurs régions considérées comme des greniers agricoles du Kenya, notamment Uasin Gishu, Trans Nzoia, Nandi et certaines parties de Bungoma, Kericho et Elgeyo Marakwet. De nombreux producteurs espèrent profiter des pluies attendues à partir d’octobre pour remettre leurs parcelles en production.
Le maïs occupe une place centrale dans la sécurité alimentaire du pays. Le gouvernement indique que la production nationale était passée de 34,3 millions de sacs de 90 kg en 2022 à 73 millions en 2025, dans un contexte de soutien accru aux intrants agricoles. La sécheresse qui affecte la campagne actuelle fait toutefois craindre une nouvelle baisse de l’offre.
En choisissant de prendre en charge une partie du prix des semences et des engrais, Nairobi cherche à agir directement sur le coût de production. Le succès de cette initiative repose sur le fait que les intrants subventionnés arrivent suffisamment tôt et en quantité suffisante auprès des producteurs pour leur permettre de profiter de la prochaine fenêtre de semis.
Robert ADJOVI






