Côte d’Ivoire : Olam Agri porte sa capacité de transformation de caoutchouc à 374 000 tonnes par an

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Le groupe agro-industriel Olam Agri a finalisé, le 17 août 2026, l’acquisition d’Asia Africa Rubber Industry (ASAF), une entreprise spécialisée dans la transformation du caoutchouc naturel. L’opération lui permet d’accroître fortement ses capacités industrielles en Côte d’Ivoire. ASAF exploite à Azaguié Aoua, dans le département d’Agboville, une usine capable de transformer 176 000 tonnes de caoutchouc naturel par an. Olam Agri disposait déjà de deux unités à Aniassué et Dibobli, totalisant 198 000 tonnes de capacité. Avec cette acquisition, son potentiel de traitement atteint désormais environ 374 000 tonnes par an.

Présent dans la filière ivoirienne depuis 2016, Olam Agri travaille aujourd’hui avec plus de 75 000 petits producteurs de caoutchouc naturel dans le pays. Au-delà de l’outil industriel, le rachat d’ASAF lui apporte également un réseau de fournisseurs et de partenaires commerciaux déjà intégré dans les circuits de collecte et de transformation. Pour l’entreprise, l’enjeu est aussi de renforcer la traçabilité et l’approvisionnement responsable du caoutchouc destiné aux marchés internationaux. Olam Agri indique que l’intégration d’ASAF doit améliorer les synergies dans la logistique, la transformation, le négoce et la commercialisation. Le groupe affirme par ailleurs ne pas s’approvisionner dans les zones déboisées ou à haute valeur de conservation dégradées après le 1er avril 2019.

Cette acquisition intervient dans un contexte de consolidation de la filière hévéa ivoirienne. En janvier 2026, la Société africaine de plantations d’hévéas (SAPH) avait également renforcé ses actifs en rachetant la Société civile agricole du Sud-Ouest (SCASO), qui dispose d’une concession de 2 871 hectares, dont près de 1 500 hectares plantés en hévéas. Contrairement à Olam Agri, cette opération concernait principalement l’amont de la chaîne de valeur et l’approvisionnement en matière première.

La montée des capacités de première transformation pose toutefois la question de la prochaine étape industrielle. Depuis juin 2025, le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco a suspendu l’octroi de nouvelles autorisations pour la création ou l’extension d’unités de première transformation, estimant les capacités nationales suffisantes pour absorber la production. La priorité affichée est de développer davantage la deuxième transformation, notamment la fabrication de pneus et d’autres produits industriels à base de caoutchouc.

Pour la Côte d’Ivoire, il s’agit donc de profiter de cette dynamique d’investissement pour aller au-delà de l’augmentation des volumes de caoutchouc transformés. Le développement d’activités industrielles à plus forte valeur ajoutée pourrait permettre de conserver une plus grande part de la richesse générée par l’hévéa dans l’économie nationale et de créer de nouveaux débouchés pour une filière devenue l’un des piliers de l’agriculture d’exportation du pays.

Anne Marie KOUADIO

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