Interdiction d’exportation des oignons : le Nigeria et le Ghana ont trouvé un accord

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Le 8 avril 2026, un tournant décisif a été marqué dans les relations commerciales ouest-africaines avec l’annonce, par la ministre ghanéenne du Commerce, de l’Agrobusiness et de l’Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, d’un accord de sortie de crise mettant fin aux perturbations du commerce des oignons entre le Nigeria, le Ghana et le Niger.

Cette résolution diplomatique intervient après une semaine de vives tensions déclenchées le 5 avril, lorsque l’Association nationale des producteurs, transformateurs et distributeurs d’oignons du Nigeria (NOPPMAN) a suspendu brutalement ses exportations vers le Ghana. Cette décision radicale répondait à des rapports alarmants de harcèlement, d’intimidations et de saisies illégales de camions nigérians sur le marché d’Adjen Kotoku à Accra, une situation qui laissait des dizaines de véhicules chargés de denrées périssables bloqués à la frontière ou sur les lieux de déchargement.

Le blocus menaçait gravement l’équilibre économique du Ghana, qui dépend des importations pour environ 70 % de sa consommation d’oignons, représentant une dépense hebdomadaire de près de 2 millions de dollars. Pour le Nigeria, deuxième producteur de la région avec 1,91 million de tonnes produites en 2024, l’enjeu était tout aussi crucial : le pays devait sécuriser ses débouchés pour écouler ses excédents de production.

Au cœur de la crise, le 7 avril à Sokoto, le Conseil nigérian de promotion des exportations (NEPC) et la NOPPMAN ont lancé une campagne d’urgence pour formaliser ce commerce transfrontalier, jusqu’ici dominé par des circuits informels vulnérables aux litiges. En exigeant désormais un enregistrement officiel auprès de la Commission des affaires corporatives et l’obtention de certificats phytosanitaires, les autorités nigérianes entendent structurer les échanges de « compagnie à compagnie » pour protéger les exportateurs et garantir la transparence des flux financiers.

L’accord trouvé le 8 avril prévoit la reprise immédiate du déchargement des camions nigérians bloqués au Ghana, en échange d’un engagement de réciprocité du Nigeria pour assurer un traitement équitable et sécurisé aux commerçants ghanéens opérant sur son territoire. Si cette médiation a permis de stabiliser les prix et d’éviter des pénuries immédiates sur les marchés d’Accra, elle a surtout mis en lumière les fragilités persistantes de la libre circulation des marchandises au sein de l’espace CEDEAO. Au-delà de l’urgence, les trois nations concernées se sont engagées à élaborer une feuille de route structurée pour prévenir de futures ruptures, marquant ainsi une volonté de passer d’une gestion de crise à un système de commerce régional plus robuste et formel.

Robert ADJOVI

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