La Côte d’Ivoire vient de franchir un cap historique dans sa quête de souveraineté environnementale avec le lancement officiel, ce 15 avril 2026 à Abidjan, du Système intégré de gestion et de suivi des déchets industriels dangereux (SIGSDID).
Sous l’impulsion du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, ce nouvel outil numérique marque une rupture totale avec l’opacité qui a longtemps régné sur les flux de déchets toxiques dans le pays. Le défi est colossal pour une nation dont le tissu industriel, en pleine expansion avec une croissance de 7 % projetée en 2024, génère déjà plus de 625 000 tonnes de rebuts dangereux chaque année. Jusqu’à ce jour, les statistiques révélaient que près de 60 à 70 % de cette production échappait à tout contrôle, finissant souvent enfouie clandestinement ou déversée dans les cours d’eau, menaçant ainsi gravement la santé publique et les écosystèmes.
En introduisant le bordereau de suivi électronique (e-BSD) en remplacement du support papier, le SIGSDID permet désormais une traçabilité rigoureuse, de la production à l’élimination finale, rendant chaque mouvement de déchet identifiable, horodaté et infalsifiable. Cette révolution technologique, portée par l’expertise du cabinet ivoirien Tourex Corporate, ne se contente pas de numériser des procédures, elle restructure en profondeur la gouvernance environnementale pour l’aligner sur les standards internationaux les plus exigeants.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse le simple cadre écologique puisque la transparence et la fiabilité des données offertes par cette plateforme renforcent la crédibilité du pays et son attractivité auprès des investisseurs internationaux. En affirmant la fin de l’impunité pour les pollueurs, les autorités ivoiriennes posent les bases d’un développement durable capable d’absorber une production de déchets qui pourrait franchir la barre du million de tonnes à l’horizon 2035.
Ce déploiement stratégique, qui débute par les huiles usagées et les résidus d’hydrocarbures avant une intégration totale de tous les déchets dangereux d’ici 2028, assure que la Côte d’Ivoire dispose désormais des armes technologiques pour éviter les drames environnementaux du passé. Grâce à cette innovation, le pays s’impose comme le fer de lance de la transformation digitale au service de la protection de la planète en Afrique de l’Ouest, prouvant que la performance industrielle peut désormais rimer avec responsabilité écologique.
Alpha BARRO/agrodev.info






