Côte d’Ivoire : Man installe un comité pour prévenir les conflits autour de l’exploitation forestière

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Le département de Man s’est doté d’un comité local chargé de suivre la gestion des périmètres d’exploitation forestière et de prévenir les différends entre exploitants, propriétaires terriens et populations. Les membres de cette instance ont officiellement pris fonction le 16 septembre 2026, dans un contexte marqué par la forte réduction du couvert forestier ivoirien.

Installé par le Secrétaire général 1 de la préfecture, Stéphane Guiriga, représentant le préfet de la région du Tonkpi, le comité devra suivre la gestion de chaque périmètre d’exploitation forestière relevant de son ressort territorial et accompagner la mise en œuvre des programmes d’exploitation et d’aménagement. L’organe sera également informé des autorisations concernant l’exploitation des produits secondaires de la forêt. Il constituera une première instance de règlement amiable en cas de litige entre les opérateurs forestiers et les populations et devra veiller au respect des textes régissant l’exploitation forestière. La promotion de la légalité et de la traçabilité fait également partie de ses missions.

Pour le Directeur régional des Eaux et Forêts du Tonkpi, Djan Yapo Evariste, cette organisation locale doit contribuer à mieux encadrer une activité souvent à l’origine de tensions entre exploitants, paysans, chefs de villages et propriétaires des terres. Le comité réunit à cet effet les autorités administratives, les services techniques, les collectivités territoriales, les communautés villageoises ainsi que les organisations professionnelles agricoles et rurales.

Sa mise en place intervient alors que la pression sur les ressources forestières reste importante. Selon les chiffres avancés par le directeur régional, la Côte d’Ivoire disposerait aujourd’hui d’environ 2,97 millions d’hectares de forêt, contre 16 millions d’hectares dans les années 1960. Le pays compte par ailleurs 363 périmètres d’exploitation forestière, dont 35 dans la région du Tonkpi.

La question foncière constitue également un enjeu majeur dans la gestion de ces espaces. Le responsable régional des Eaux et Forêts a rappelé que le Code forestier de 2019 reconnaît la propriété de l’arbre au détenteur de la terre. Cette disposition renforce l’importance de la sécurisation foncière, notamment à travers la détention des documents requis comme le certificat foncier.

Des comités similaires sont déjà opérationnels à Sipilou, Danané et Biankouma. À Man, la nouvelle instance est donc chargée d’offrir un cadre permanent de concertation pour mieux concilier exploitation du bois, droits des populations et préservation de la ressource forestière.

Anne Marie KOUADIO

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