À l’approche de la COP31, le président turc Recep Tayyip Erdogan appelle à mieux prendre en compte les différences de capacités financières, technologiques et économiques entre les pays dans la lutte contre le changement climatique. S’exprimant le 23 septembre 2026 lors du Sommet des Nations unies sur le climat à New York, il a estimé qu’il était « irréaliste » d’attendre de tous les États qu’ils avancent au même rythme tant que persistent les inégalités d’accès au financement et aux technologies.
Pour le dirigeant turc, les politiques climatiques doivent être davantage articulées avec les réalités économiques et sociales de chaque pays. Il considère que les mesures destinées à soutenir la transition doivent tenir compte des ressources disponibles et des priorités nationales de développement, afin de rendre les efforts climatiques soutenables dans la durée. Cette question du financement devrait occuper une place importante lors de la COP31, que la Turquie accueillera à Antalya du 9 au 20 novembre 2026. Dans le dispositif retenu pour cette conférence, l’Australie conduira les négociations formelles tandis que la Turquie assurera la présidence et pilotera l’agenda d’action.
Selon les informations rapportées par Reuters, Ankara veut orienter la rencontre vers la transformation des engagements climatiques existants en projets et résultats mesurables. Présenté le 21 septembre, l’agenda de la présidence turque prévoit entre autres de porter la part de l’électricité dans la consommation énergétique à 35 % d’ici 2035 et de réduire de moitié la hausse projetée des déchets municipaux. La Turquie prévoit également un mécanisme destiné à faciliter l’industrialisation verte dans les pays les moins avancés, en rapprochant ces États des sources de financement et des technologies. Une autre initiative, baptisée « Climate Implementation Bridge », doit aider à convertir les engagements climatiques nationaux en projets susceptibles d’attirer des investissements.
Erdogan a par ailleurs indiqué que la Turquie et l’Australie poursuivaient leurs préparatifs afin que les attentes des différentes régions soient prises en compte. Il a évoqué l’importance d’une réunion pré-COP prévue aux Fidji et d’une rencontre de dirigeants à Tuvalu pour renforcer la participation des pays du Pacifique. À travers cette position, la présidence turque de la COP31 place ainsi le lien entre action climatique, financement et développement économique au centre des discussions.
Pour de nombreux pays en développement, la question sera de savoir dans quelle mesure les mécanismes annoncés permettront de transformer les engagements internationaux en financements, technologies et projets effectivement accessibles aux économies disposant de capacités d’investissement plus limitées.
Robert ADJOVI






