La Côte d’Ivoire accélère la valorisation des graines d’hévéa, longtemps considérées comme un sous-produit peu exploité de la filière caoutchouc. Pour la campagne 2026, la Fédération des organisations professionnelles agricoles des producteurs de la filière hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI) et son partenaire ENI Côte d’Ivoire visent une collecte de 64 500 tonnes destinées à la production d’huile végétale pour les biocarburants. Cette nouvelle activité offre à la filière hévéicole ivoirienne une possibilité de diversification au-delà du latex. Elle permet de transformer une ressource agricole jusque-là peu valorisée en matière première énergétique, tout en créant une source supplémentaire de revenus pour les producteurs.
L’objectif fixé pour 2026 est légèrement supérieur aux 63 000 tonnes commercialisées en 2025. La campagne précédente avait mobilisé 233 coopératives, 18 418 producteurs et plus de 230 transporteurs. La FPH-CI indique également que cette activité avait généré 250 emplois directs et concerné environ 150 000 personnes. Pour améliorer l’organisation de la chaîne, cinq centres de transit ont été mis en place. La FPH-CI prévoit aussi d’expérimenter la transformation des graines en huile végétale au niveau de ces plateformes, avec l’ambition d’impliquer davantage les coopératives dans la création de valeur. Une application doit parallèlement permettre de suivre les livraisons, les paiements et la traçabilité des opérations.
Pour cette campagne, le prix d’achat bord champ est fixé à 72 FCFA le kilogramme. Au-delà de l’approvisionnement de l’industrie énergétique, le développement de ce débouché pourrait ainsi procurer un revenu complémentaire aux planteurs sans remettre en cause leur activité principale de production de caoutchouc naturel. La Côte d’Ivoire dispose déjà d’une expérience dans ce domaine. La valorisation des graines d’hévéa en huile destinée aux biocarburants s’est progressivement structurée avec ENI, tandis que d’autres acteurs travaillent également sur des solutions de transformation locale. Le défi reste désormais de passer de la collecte d’un sous-produit agricole à une véritable chaîne industrielle locale, capable de créer davantage de valeur en Côte d’Ivoire.
La filière hévéa représente l’une des principales sources de recettes agricoles d’exportation du pays. En ajoutant la graine au latex comme produit valorisable, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à tirer davantage de valeur de chaque plantation tout en développant de nouveaux débouchés liés à la transition énergétique.
Anne Marie KOUADIO






