Le Groupe de la Banque africaine de développement élargit son soutien à l’économie circulaire en Afrique. L’Angola, le Liberia, Madagascar, le Sénégal et Maurice rejoignent une nouvelle phase du programme consacré aux feuilles de route nationales, avec l’objectif de mieux valoriser les ressources locales, réduire les déchets et transformer ces priorités environnementales en opportunités économiques.
Selon la Banque africaine de développement, l’Angola, le Liberia, Madagascar et le Sénégal vont élaborer leurs propres feuilles de route. Ces documents devront identifier les secteurs présentant le plus fort potentiel, coordonner l’action des institutions et définir des orientations adaptées aux réalités économiques de chaque pays. Maurice entre, pour sa part, dans la phase de mise en œuvre aux côtés du Bénin, du Tchad et de l’Éthiopie.
L’approche consiste à considérer les déchets et sous-produits non plus uniquement comme des charges, mais comme des ressources pouvant être réintroduites dans l’économie. Dans l’agriculture, par exemple, les résidus de production peuvent être valorisés dans les systèmes énergétiques ou servir de matières premières pour de nouvelles activités. Dans l’industrie, les matières recyclées peuvent réintégrer les chaînes de production, réduisant ainsi les besoins en nouvelles ressources. La BAD souligne qu’une part importante des ressources naturelles africaines continue d’être exportée sans transformation suffisante. L’économie circulaire doit contribuer à maintenir davantage de valeur sur le continent, en favorisant la transformation locale, l’émergence d’entreprises et la création d’emplois.
Les premiers pays accompagnés montrent déjà comment cette approche peut être intégrée aux politiques publiques. Les feuilles de route élaborées au Bénin, au Cameroun, au Tchad et en Éthiopie ont notamment permis d’identifier des priorités dans l’agriculture, la foresterie, la construction, les plastiques, le textile, l’industrie manufacturière, l’énergie et l’eau. Au Tchad, le dispositif ambitionne ainsi de créer plus de 25 000 emplois verts et de réduire de 40 % les déchets non recyclés d’ici 2035. Au Bénin, le plan d’action lancé en février 2026 prévoit, sur une période de dix ans, d’atteindre 25 % de recyclage, de généraliser la collecte des déchets urbains et de favoriser la création de 300 entreprises circulaires.
32 pays ont répondu à l’appel à manifestations d’intérêt lancé pour constituer cette deuxième cohorte. Le Fonds africain pour l’économie circulaire doit apporter aux pays retenus une assistance technique pour mettre en place les politiques, les institutions et les projets nécessaires au développement de ces nouvelles chaînes de valeur.
Pour les secteurs agricoles et agro-industriels, cette transition ouvre des perspectives dans la réduction des pertes, la valorisation des résidus agricoles, le recyclage et la transformation locale. Il s’agira de faire des feuilles de route non seulement des documents de planification, mais des instruments capables de déboucher sur des investissements et des activités économiques concrètes.
Robert ADJOVI






