Les banques multilatérales de développement (BMD) ont franchi un cap historique en 2025 en mobilisant 163 milliards de dollars pour financer des projets liés au climat. Ce niveau inédit de financement confirme leur rôle croissant dans l’accompagnement des pays vers des économies plus résilientes face aux changements climatiques et à faibles émissions de carbone.
Selon le Rapport de synthèse conjoint 2025 sur le financement climatique des banques multilatérales de développement, les financements destinés aux pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 103 milliards de dollars, en hausse de 21 % par rapport à 2024. À l’échelle mondiale, les financements climatiques des BMD ont progressé de 19 %, confirmant la montée en puissance de ces institutions dans la mise en œuvre des engagements pris lors de la COP29. Pour l’Afrique, cette dynamique représente une opportunité majeure. Le continent figure parmi les régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique, alors que ses besoins d’investissement pour l’adaptation et la transition énergétique ne cessent de croître. « Pour l’Afrique, développement et action climatique sont indissociables », a souligné Anthony Nyong, directeur du Département du changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement (BAD). Selon lui, l’accroissement des financements climatiques est indispensable pour renforcer la résilience des pays africains tout en soutenant une transition juste et inclusive.
Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, 68 milliards de dollars ont été consacrés à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et 35 milliards de dollars à l’adaptation aux effets du changement climatique. Les BMD ont également mobilisé 35 milliards de dollars auprès du secteur privé pour soutenir ces investissements. La Banque africaine de développement confirme cette orientation. En 2025, 54 % de ses projets approuvés, soit 5,93 milliards de dollars, relevaient du financement climatique. Plus de la moitié de cette enveloppe (58 %) a été consacrée à l’adaptation, traduisant la priorité accordée au renforcement de la résilience des économies africaines. La Banque a par ailleurs dépassé son engagement de mobiliser 25 milliards de dollars sur la période 2020-2025, en atteignant 25,5 milliards de dollars.
Les ambitions restent élevées. D’ici à 2030, les banques multilatérales prévoient de mobiliser 120 milliards de dollars par an au profit des pays à revenu faible et intermédiaire, dont 42 milliards pour l’adaptation, tout en générant 65 milliards de dollars supplémentaires grâce aux investissements privés. Au-delà des financements, les BMD renforcent également la transparence de leurs interventions. Depuis avril 2026, elles disposent d’un tableau de bord numérique interactif permettant aux gouvernements, partenaires et investisseurs de suivre plus facilement les flux de financement climatique et les résultats obtenus.
Dans un contexte marqué par l’intensification des crises climatiques, cette mobilisation record constitue un signal fort. Pour les pays africains, elle ouvre de nouvelles perspectives pour financer des infrastructures résilientes, moderniser les systèmes agricoles, accélérer le développement des énergies renouvelables et renforcer la protection des populations face aux aléas climatiques.
Robert ADJOVI
Source : Joint MDB Climate Finance Report 2025, coordonné par la Banque européenne d’investissement (BEI), avec la contribution de dix banques multilatérales de développement, dont la Banque africaine de développement.






