Éthiopie : l’irrigation solaire et l’autonomisation des communautés au cœur de la résilience climatique

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En Éthiopie, le Groupe de la Banque africaine de développement renforce les capacités d’adaptation au changement climatique des communautés à travers leur autonomisation économique et sociale. Dans les régions d’Afar et d’Oromia, un projet soutenu par le Fonds pour les changements climatiques en Afrique (FCCA) combine agriculture adaptée, irrigation solaire, accès aux activités génératrices de revenus et promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Mis en œuvre par Farm Africa avec Population, Health and Environment Ethiopia (PHE) et l’Union of Ethiopian Women and Children Associations (UEWCA), le projet intervient dans des zones fortement exposées aux sécheresses et à l’irrégularité des pluies. L’approche consiste non seulement à améliorer la production agricole, mais aussi à diversifier les sources de revenus afin de réduire la vulnérabilité économique des ménages.

L’irrigation solaire constitue l’un des leviers utilisés. Selon la BAD, l’agriculteur bénéficiaire du projet, Chali Ahmado utilise ce système pour cultiver du maïs. L’accès à l’eau lui permet de poursuivre ses activités même lorsque les conditions pluviométriques deviennent défavorables. La technologie ne supprime pas les effets du changement climatique, mais elle réduit la dépendance exclusive à la pluie et offre davantage de marge de manœuvre aux producteurs.

Le projet mise également sur l’autonomisation économique des femmes. Ancienne mère au foyer sans emploi, Kemisa Roba travaille désormais au sein d’une coopérative de transformation du lait après avoir bénéficié d’une formation. Grâce aux équipements mis à disposition, elle participe à une activité génératrice de revenus. Pour les promoteurs du projet, l’amélioration des revenus des femmes contribue aussi à renforcer la capacité des ménages à absorber les chocs climatiques et économiques. Les jeunes sont également ciblés par cette initiative. Dans des localités où les périodes de sécheresse peuvent favoriser les départs vers les centres urbains, les formations à l’irrigation solaire et à la transformation des produits agricoles cherchent à créer des perspectives économiques sur place. L’objectif est de rendre les activités rurales plus attractives et de favoriser la création de moyens de subsistance durables.

L’intervention s’étend enfin au milieu scolaire à travers des « Clubs Genre et Climat ». Ces espaces sensibilisent les élèves aux enjeux environnementaux, à l’égalité entre les sexes, aux droits et à la santé menstruelle. L’accès à des produits d’hygiène vise à limiter les absences des jeunes filles pendant leurs menstruations et à favoriser leur maintien à l’école. Fatuma Yasin, bénéficiaire de ces activités, affirme désormais vouloir devenir scientifique.

À travers cette approche, le projet montre que la résilience climatique ne repose pas uniquement sur des équipements ou des techniques agricoles. Elle dépend également de la capacité des populations à sécuriser leurs revenus, renforcer la place des femmes, offrir des perspectives aux jeunes et maintenir les filles dans le système éducatif.

L’expérience conduite dans les régions d’Afar et d’Oromia pourrait ainsi servir de référence à d’autres zones arides et semi-arides africaines confrontées à des défis similaires, en associant adaptation climatique, inclusion économique et autonomisation des communautés.

Ahoua KIENDREBEOGO

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