Le Fonds vert pour le climat (FVC) porte son portefeuille total à plus de 20 milliards de dollars engagés à travers 354 projets dans les pays en développement. Lors de sa 44ème réunion tenue en mars 2026, l’institution a approuvé une nouvelle enveloppe de 960,3 millions de dollars pour 18 projets climatiques, dont près de 46 % sont spécifiquement destinés à l’Afrique, soit environ 441 millions de dollars.
Cette priorité réaffirmée est cruciale pour un continent qui, bien que particulièrement vulnérable, reçoit actuellement moins de 5 % des flux mondiaux de finance climatique. Pour transformer cette dynamique, le Conseil d’administration a pris la décision stratégique de décentraliser ses activités en ouvrant des bureaux régionaux, dont l’un à Abidjan pour couvrir l’Afrique de l’Ouest, centrale et du Nord, et un autre à Nairobi pour l’Afrique de l’Est et australe. L’installation du siège africain à Abidjan, officiellement notifiée au Président Alassane Ouattara, vise à simplifier l’accès des États africains à des financements souvent jugés complexes et à mieux adapter les projets aux réalités locales.
Parmi les initiatives majeures, le programme ASCENT-GREEN, doté de 250 millions de dollars en partenariat avec la Banque mondiale, ambitionne de fournir l’électricité et de renforcer la résilience de 28,8 millions de personnes dans 21 pays d’Afrique orientale et australe. Au niveau national, des pays comme le Burkina Faso consolident également leur dispositif avec l’installation de Jean Paul Bamogo en tant qu’Autorité nationale désignée, gérant un portefeuille national qui atteint désormais 17 projets actifs pour un engagement global de 117 milliards de francs CFA.
Cette accélération s’accompagne d’une réforme profonde du modèle d’intervention via le Nouveau cadre d’accréditation, qui supprime la limite de renouvellement de cinq ans pour les entités partenaires et accélère les processus de validation. Ce cadre modernisé a notamment permis l’accréditation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ouvrant la voie à des systèmes de santé africains plus résilients et à faible émission de carbone.
Le Fonds s’engage également à combler le fossé financier pour les peuples autochtones, qui reçoivent moins de 1 % des financements mondiaux, en facilitant leur accès direct aux ressources comme l’a souligné Hindou Oumarou Ibrahim, figure de proue du Tchad lors de la récente conférence mondiale à Songdo. En soutenant des projets emblématiques comme la Grande Muraille Verte au Sahel ou la cacao-culture durable en Côte d’Ivoire via le projet PROMIRE, le FVC se positionne désormais comme le partenaire privilégié de la transition écologique sur le continent.
Anne Marie KOUADIO/agrodev.info






