Le Nigéria se trouve aujourd’hui confronté à une préoccupation majeure pour son secteur de l’élevage. En effet, la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB), une maladie bactérienne dévastatrice, s’est propagée dans 17 États à travers les six zones géopolitiques du pays.
Face à cette menace dont le taux de mortalité peut atteindre 50 %, le ministre du Développement de l’Élevage, Idi Mukhtar Maiha, a officiellement instauré le 9 avril 2026 un Groupe de Travail Technique (GTT) de haut niveau à Abuja pour orchestrer une riposte nationale coordonnée. Avec un cheptel estimé à 54,5 millions de têtes, le plus important du continent, la responsabilité qui pèse sur les autorités est immense pour protéger les moyens de subsistance ruraux et la sécurité alimentaire. Les données épidémiologiques de l’année 2025 font état de 131 foyers officiellement recensés, mais les experts avertissent que ce chiffre ne représente qu’une fraction de la réalité en raison de lacunes persistantes dans la surveillance et le diagnostic.
L’impact économique de cette épizootie est colossal pour un secteur qui contribue à hauteur de 35 % au PIB agricole du Nigéria. Au-delà des pertes directes pour les éleveurs, la maladie freine les ambitions d’exportation de viande rouge, dont le potentiel est estimé à 3,2 milliards de dollars. Pour contrer ce fléau, le gouvernement déploie le plan de travail 2026 du projet L-PRES (Livestock Productivity and Resilience Support Project), soutenu par la Banque mondiale, qui prévoit la modernisation des systèmes de surveillance et l’achèvement de 13 hôpitaux vétérinaires modèles. Cette offensive sanitaire s’accompagne d’une réforme profonde de l’Institut National de Recherche Vétérinaire (NVRI) pour atteindre l’autosuffisance vaccinale, alors que le pays importe actuellement pour 1,5 milliard de dollars de vaccins par an. L’objectif est de réduire cette facture de 500 millions de dollars d’ici 2030 tout en renforçant la capacité de production locale qui ne couvre aujourd’hui que 40 % de la demande.
Pour le ministre Maiha, l’action gouvernementale seule ne suffira pas à éradiquer cette « menace silencieuse » enracinée dans les couloirs de transhumance et les marchés aux bestiaux. Le succès de cette riposte repose sur une collaboration multisectorielle incluant le secteur privé, les organisations internationales comme la FAO et l’OMS, et surtout une coopération étroite avec les éleveurs au niveau local. En s’inspirant des modèles de réussite de pays comme le Botswana et la Namibie, certifiés exempts de PPCB, le Nigéria s’engage dans une modernisation radicale de ses infrastructures vétérinaires et de ses protocoles de vaccination pour transformer son secteur de l’élevage en une industrie résiliente et compétitive à l’échelle mondiale.
Robert ADJOVI






