Le Togo et le Bénin entendent accélérer la modernisation de leurs systèmes agricoles pour renforcer leur souveraineté alimentaire et développer les chaînes de valeur agroalimentaires. Malgré des performances céréalières encourageantes, les deux pays restent confrontés aux défis de la transformation locale, de l’accès aux financements et de la dépendance aux importations de certains produits alimentaires. Pour inverser cette tendance, l’Union africaine (UA) mise sur des investissements structurants dans l’irrigation, les semences améliorées, la mécanisation et l’agro-industrie. Une ambition qui s’inscrit dans la Déclaration de Kampala, dont l’un des objectifs est d’accroître de 45 % la production agroalimentaire africaine d’ici 2035.
Cette ambition a été au cœur d’une mission de la Commission de l’Union africaine organisée à Lomé, du 19 au 23 octobre 2026, avec la participation du Togo et du Bénin. Conduite par Moses Vilakati, Commissaire de l’UA chargé de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable, cette initiative vise à accélérer la mise en œuvre du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) et à identifier des projets agricoles susceptibles de mobiliser des financements.
Les travaux ont porté sur les investissements prioritaires à engager pour transformer les systèmes de production, améliorer la productivité agricole et renforcer la sécurité alimentaire. L’accent a été mis sur la santé des sols, l’accès aux engrais et aux semences de qualité, l’irrigation, la mécanisation, la transformation agroalimentaire et le développement des marchés.
Pour Moses Vilakati, la transformation agricole africaine nécessite de dépasser les engagements politiques pour privilégier des actions concrètes. Cette orientation répond à un enjeu économique majeur : l’Afrique dispose d’importantes ressources agricoles, mais continue de dépendre des importations pour satisfaire une partie de ses besoins alimentaires.
Le Togo et le Bénin présentent, à cet égard, un potentiel de développement important. En effet, leurs ressources en terres et en eau, la diversité de leurs zones agroécologiques et leur position géographique offrent des possibilités d’accroissement de la production et de développement des échanges commerciaux. Toutefois, la valorisation de ces atouts reste conditionnée par la mobilisation des investissements et l’amélioration de la compétitivité des filières agricoles.
Pour le Togo et le Bénin, la concrétisation de cette initiative nécessitera une coordination plus étroite entre les pouvoirs publics, les organisations de producteurs, les entreprises agroalimentaires, les institutions financières et les partenaires au développement. La mission de Lomé a ainsi mis l’accent sur la nécessité d’identifier des projets financièrement viables, dotés d’objectifs mesurables, de responsabilités clairement définies et de calendriers opérationnels.
Robert ADJOVI






