Togo : la production d’ananas tombe autour de 23 000 tonnes, la filière manque de rejets de qualité

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La filière ananas togolaise traverse une période difficile. Alors que la production nationale oscillait entre 35 000 et 39 000 tonnes par an entre 2020 et 2022, elle tournerait actuellement autour de 23 000 tonnes, selon les acteurs interrogés par nos confrères de Agridigitale. Au cœur des difficultés figure notamment le manque de rejets de qualité nécessaires à l’installation et au renouvellement des plantations. Contrairement à certaines cultures semées directement, l’ananas est principalement multiplié à partir de rejets. Leur disponibilité, leur qualité et leur coût influencent donc directement la capacité des producteurs à mettre de nouvelles parcelles en production.

Le problème n’est pas nouveau. Dans son Plan d’action d’investissement de la filière ananas 2024-2028, le ministère togolais de l’Agriculture avait déjà identifié un faible niveau de disponibilité des rejets de la variété Cayenne lisse. Le document relevait également l’absence d’un véritable maillon spécialisé dans leur production, leur coût élevé et leur insuffisance parmi les principales faiblesses du secteur. Cette situation pèse sur la compétitivité de toute la chaîne de valeur. Le même plan souligne que le coût des rejets, ajouté à celui de la main-d’œuvre, contribue à renchérir les coûts de production de l’ananas togolais. Parmi les solutions envisagées figure la multiplication de parcelles spécialement consacrées à la production de rejets, particulièrement de Cayenne lisse.

Des initiatives ont déjà été engagées dans ce sens. En effet, en avril 2025, des acteurs publics, organisations de producteurs et entreprises avaient travaillé, avec l’appui de la coopération allemande et de l’Union européenne, sur la mise en place de parcs de multiplication. L’objectif était d’accroître la disponibilité de matériel végétal de qualité et de définir un modèle permettant d’approvisionner durablement les producteurs.

Le Togo dispose également d’unités de transformation produisant du jus et de l’ananas séché, ainsi que d’entreprises positionnées sur les marchés d’exportation. Une baisse durable des récoltes peut donc réduire les volumes disponibles pour ces différents maillons de la chaîne. Le plan national recensait déjà une cinquantaine de transformateurs en 2022 et soulignait le potentiel du pays dans l’ananas biologique et la variété Cayenne lisse.

Pour relancer la filière, l’accès à des rejets sains et en quantité suffisante apparaît ainsi comme une priorité. Sans une organisation durable de leur multiplication et de leur distribution, les producteurs risquent de continuer à réduire les superficies plantées, avec des répercussions sur l’approvisionnement des marchés, la transformation et les revenus générés par la filière.

Robert ADJOVI

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