La transition énergétique en Afrique de l’Ouest passe aussi par le stockage de l’électricité. Conscient que le développement des énergies renouvelables ne pourra s’accélérer sans des réseaux plus flexibles et plus résilients, le Togo renforce sa coopération avec les États-Unis autour des systèmes de stockage d’énergie par batteries (BESS). Réunis à Lomé ce mois de juillet 2026, experts, décideurs publics et acteurs du secteur énergétique ont exploré les solutions technologiques capables de transformer durablement les systèmes électriques de la sous-région.
Organisé par le ministère togolais de l’Énergie et des Ressources minérales en partenariat avec le National Renewable Energy Laboratory (NREL) du département américain de l’Énergie, cet atelier de haut niveau a rassemblé des représentants des administrations, des autorités de régulation et des opérateurs de réseaux électriques de plusieurs pays ouest-africains. Au cœur des échanges figurait une technologie appelée à jouer un rôle déterminant dans la transition énergétique : les Battery Energy Storage Systems (BESS). Ces systèmes permettent de stocker l’électricité produite, notamment à partir de sources renouvelables comme le solaire ou l’éolien, puis de la restituer lorsque la demande augmente ou que la production diminue. Une solution essentielle pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables, améliorer la stabilité des réseaux et limiter les coupures d’électricité.
Au-delà de l’approche technologique, les participants ont travaillé sur les conditions nécessaires au déploiement de ces solutions à savoir, la planification des investissements, les cadres réglementaires et modèles économiques, l’exploitation des infrastructures ainsi que le partage des bonnes pratiques internationales. L’objectif est de permettre aux pays de la région d’intégrer davantage d’énergies renouvelables tout en garantissant un approvisionnement électrique plus fiable pour les ménages, les entreprises et les industries. Pour le Togo, cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser son secteur énergétique et à renforcer sa position de plateforme régionale des innovations liées à la transition énergétique. En accueillant cette rencontre, Lomé confirme sa volonté de devenir un espace de dialogue et d’expérimentation pour les nouvelles technologies au service du développement durable.
Les États-Unis y voient également un partenariat stratégique. À travers le transfert de compétences et le partage de leur expertise, ils entendent accompagner les pays africains dans la modernisation de leurs infrastructures énergétiques, tout en favorisant l’émergence d’un marché régional plus attractif pour les investissements dans les technologies propres.
En fait, une énergie plus stable constitue un levier essentiel pour le développement de l’industrie, la compétitivité des entreprises, la transformation agroalimentaire, l’essor des services numériques et l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour les producteurs agricoles notamment, un approvisionnement énergétique fiable facilite le développement de l’irrigation, du stockage frigorifique, de la transformation des produits et de la création de valeur dans les territoires ruraux.
À mesure que l’Afrique de l’Ouest accélère son intégration énergétique et investit dans les énergies renouvelables, les solutions de stockage apparaissent comme l’un des maillons indispensables de cette transformation. En misant sur l’innovation, le renforcement des capacités et la coopération internationale, le Togo et les États-Unis posent ainsi les bases d’un système énergétique plus résilient, plus durable et mieux adapté aux besoins de développement de la région.
Robert ADJOVI






