Soja, huile de palme et biocarburants : ce qui va changer dans votre quotidien d’ici 2034, selon la FAO

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Les produits oléagineux, tels que le soja, le colza ou le palmier à huile, constituent les piliers souvent invisibles mais essentiels de notre système alimentaire et énergétique. D’ici 2034, la demande pour ces ressources restera particulièrement soutenue, portée d’une part par l’augmentation des revenus dans les pays en développement et, d’autre part, par l’essor des biocarburants.

À titre d’exemple, la consommation d’huile végétale par habitant en Inde devrait grimper de 2,5 % par an pour atteindre 13 kg (soit 14,19 litres) en 2034. Cette huile ne se contente plus de garnir nos assiettes puisqu’elle représente désormais environ 18 % de la consommation mondiale sous forme de biogazole. Si son usage énergétique devrait reculer en Europe, il va s’intensifier en Indonésie, au Brésil et aux États-Unis. En Indonésie, le volume d’huile utilisé pour le carburant pourrait ainsi atteindre 12,6 millions de tonnes à l’horizon 2034. Parallèlement, le tourteau protéique, issu de la transformation des graines pour nourrir le bétail, verra sa croissance mondiale ralentir à 1,1 % par an. Ce phénomène s’explique par la stratégie de la Chine, qui consomme plus d’un quart de la production mondiale et prévoit de réduire la part de protéines dans les rations animales pour gagner en efficacité alimentaire.

Sur le front de la production, le Brésil consolide sa place de leader mondial du soja et devrait assurer à lui seul 53 % des exportations mondiales d’ici 2034. Cette croissance de la production sera portée à 80 % par l’amélioration des rendements plutôt que par l’extension des surfaces cultivées. En revanche, la production d’huile de palme connaît un ralentissement notable car les plantations en Malaisie et en Indonésie vieillissent et subissent des réglementations environnementales de plus en plus restrictives.

Le secteur des oléagineux se trouve en effet au cœur des enjeux climatiques, notamment en raison de son lien historique avec la déforestation, ce qui a poussé l’Union européenne à imposer des critères de durabilité beaucoup plus stricts pour les importations. Enfin, pour le consommateur final, les prix nominaux devraient augmenter légèrement, mais les prix réels (corrigés de l’inflation) devraient baisser au cours de la prochaine décennie grâce aux gains de productivité globaux.

Anne Marie KOUADIO

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