Le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), en collaboration étroite avec le Fonds vert pour le climat (FVC), a franchi une étape significative dans la stratégie environnementale du Burkina Faso ce mardi 12 mai 2026 à Ouagadougou. Lors d’un atelier consacré au programme de préparation, plus connu sous le nom de « Readiness programme », les partenaires onusiens et nationaux ont convenu de placer la science et l’innovation au cœur de la résilience du pays. Cette initiative, dont le coût est estimé à environ 700 000 dollars américains pour une mise en œuvre sur deux ans, vise spécifiquement à renforcer la contribution des universités, des centres de recherche et des centres de formation professionnelle à la planification d’un développement sobre en carbone.
Malgré l’expertise existante, la contribution du système national de recherche demeure insuffisamment valorisée dans les processus décisionnels et les mécanismes d’investissement climatiques. Pourtant, l’urgence est réelle pour le Burkina Faso, classé 161ème sur 191 pays en termes de capacité d’adaptation, et confronté à une intensification des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur qui affectent durablement la sécurité alimentaire et les ressources en eau.
Le « Readiness programme » ambitionne de corriger cette lacune en améliorant la disponibilité et l’accessibilité des données climatiques fiables. Une étude a révélé que c’est précisément le manque de données précises qui empêche souvent les acteurs locaux de formuler des projets suffisamment robustes pour capter les financements internationaux. En outillant mieux le monde scientifique, le Burkina Faso espère soumettre des propositions « bancables » capables de s’imposer devant des fonds hautement compétitifs.
À terme, le programme doit permettre la mise en place d’un groupe national d’experts sur le climat, inspiré des standards internationaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette structure aura pour mission de renforcer la qualité des évidences scientifiques pour éclairer les décisions publiques et accroître la mobilisation des ressources vertes au profit du pays. Cette dynamique s’inscrit dans l’ambition nationale de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 29 % d’ici 2030, conformément à la Contribution déterminée au niveau national (CDN). En consolidant ce lien entre la science, la formation et l’action publique, le Burkina Faso et ses partenaires entendent poser les bases d’un développement durable et véritablement résilient face aux défis climatiques du futur.
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Alfred K. BARRO






