Après quinze années de profondes mutations agricoles, la Côte d’Ivoire ouvre un nouveau chapitre de son développement rural. Le 18 juin 2026, à Abidjan, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a officiellement lancé le processus de formulation du Programme national d’investissement agricole de troisième génération (PNIA 3), une feuille de route ambitieuse appelée à façonner l’agriculture ivoirienne des prochaines années.
Cette nouvelle étape intervient dans un contexte où l’agriculture demeure l’un des piliers de l’économie ivoirienne, contribuant fortement à la création d’emplois, à la sécurité alimentaire et aux recettes d’exportation. Héritier des acquis des deux premières générations du programme, le PNIA 3 entend accélérer la transformation structurelle du secteur tout en répondant aux défis émergents liés au climat, à la compétitivité et à l’emploi des jeunes.
Lors de la cérémonie de lancement, le chef du gouvernement a salué les progrès enregistrés grâce aux précédents programmes d’investissement agricole. Selon lui, ces résultats sont le fruit de l’engagement des producteurs, de l’accompagnement des partenaires techniques et financiers ainsi que de l’implication croissante du secteur privé dans le développement agricole du pays.
Mais pour les autorités ivoiriennes, l’heure n’est plus seulement à l’augmentation de la production. Le PNIA 3 devra promouvoir une agriculture davantage tournée vers la transformation locale des matières premières, la création de valeur ajoutée et l’émergence d’entreprises agricoles modernes capables de conquérir les marchés régionaux et internationaux. Cette vision s’inscrit dans la dynamique du nouveau Plan national de développement (PND) 2026-2030 qui fait de l’agro-industrie l’un des moteurs de la transformation économique du pays.
L’innovation, l’entrepreneuriat des jeunes et la résilience climatique figurent également parmi les priorités annoncées. Le gouvernement souhaite bâtir une agriculture mieux financée, plus productive et davantage connectée aux marchés, tout en renforçant sa capacité d’adaptation face aux effets du changement climatique.
Au-delà des performances économiques, les autorités entendent faire du PNIA 3 un instrument de transformation sociale. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de prendre en compte les aspirations des populations rurales afin que les investissements agricoles se traduisent par une amélioration concrète des revenus, du bien-être et des conditions de vie des producteurs.
Parmi les nouveaux enjeux identifiés figure également la promotion de l’économie circulaire et des pratiques agricoles durables. Cette orientation vise à concilier croissance agricole, préservation des ressources naturelles et compétitivité des filières dans un contexte international de plus en plus exigeant.
Le lancement du processus de formulation du PNIA 3 marque ainsi le point de départ d’une vaste concertation réunissant producteurs, organisations professionnelles, collectivités territoriales, secteur privé et partenaires au développement. Ensemble, ils auront la responsabilité de définir les investissements stratégiques qui permettront à la Côte d’Ivoire de consolider son statut de puissance agricole régionale tout en bâtissant une agriculture plus moderne, plus inclusive et créatrice de richesses pour les générations futures.
Anne Marie KOUADIO






