De la coque de cajou au biochar : l’innovation ivoirienne qui ouvre la voie à l’industrie verte africaine

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Le 18 juin 2026, la zone industrielle PK 31 d’Attinguié a accueilli l’inauguration de la première unité industrielle de production de biochar à partir de coques de cajou en Afrique, une innovation qui pourrait transformer durablement la filière anacarde et l’économie circulaire sur le continent.

La cérémonie, présidée par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, marque l’aboutissement d’un investissement porté par le groupe singapourien Valency International à travers sa filiale Revata Carbon. Aux côtés des autorités administratives et économiques, notamment la directrice générale du CEPICI, Solange Amichia, les participants ont salué une initiative qui donne une nouvelle valeur à ce qui était jusque-là considéré comme un simple résidu agricole.

Avec une capacité de traitement de 20 000 tonnes de coques de cajou par an, l’usine produira environ 6 000 tonnes de biochar, un matériau reconnu pour ses propriétés de restauration des sols et de séquestration du carbone. Cette technologie permet de transformer un déchet issu de la transformation de l’anacarde en une ressource à forte valeur ajoutée au service de l’agriculture et de l’environnement.

Pour les producteurs agricoles, les retombées pourraient être considérables. Utilisé comme amendement organique, le biochar améliore la structure des sols, augmente leur capacité de rétention d’eau et favorise une meilleure disponibilité des nutriments pour les cultures. Dans un contexte de dégradation des terres et de changement climatique, il représente une solution prometteuse pour renforcer la productivité agricole tout en réduisant la pression sur les écosystèmes.

Au-delà de l’amélioration de la fertilité des sols, le projet ouvre également de nouvelles perspectives économiques pour la filière cajou. En valorisant les sous-produits de la transformation, il contribue à accroître les revenus générés par chaque tonne de noix transformée et à renforcer la compétitivité de l’industrie ivoirienne de l’anacarde.

L’usine ne se limitera d’ailleurs pas à la production de biochar. Elle ambitionne également de développer une chaîne de valeur autour des engrais biologiques et des biocarburants, créant ainsi de nouvelles opportunités d’emplois et d’investissements dans les secteurs industriels et agricoles. Cette réalisation s’inscrit dans la volonté des autorités ivoiriennes d’accélérer la transformation locale des matières premières agricoles. Premier producteur mondial de noix de cajou brutes, la Côte d’Ivoire entend désormais capter davantage de valeur ajoutée grâce à l’industrialisation et à l’innovation.

Anne Marie KOUADIO

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