La lutte contre le virus du swollen shoot s’impose plus que jamais comme une priorité pour la filière cacao en Côte d’Ivoire. Face à la progression de cette maladie virale, qui affecte les cacaoyers et compromet les rendements, les autorités multiplient les actions de sensibilisation et de contrôle afin de limiter sa propagation dans les principaux bassins de production.
Le dimanche 26 juillet 2026, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, s’est rendu à Guitrozon, dans la région du Guémon, pour constater l’ampleur de la menace sur le terrain. Au cours de cette visite, il a échangé avec les producteurs et observé plusieurs foyers d’infection dans une exploitation cacaoyère. Le ministre a rappelé que l’arrachage immédiat des arbres contaminés demeure, à ce jour, le moyen le plus efficace pour freiner la propagation du virus.
Transmise par des cochenilles, la maladie provoque notamment des gonflements des tiges et des racines, une décoloration des feuilles ainsi qu’une baisse importante de la production avant d’entraîner la mort des cacaoyers infectés. Cette situation représente une menace majeure pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui concentrent à eux deux une part prépondérante de la production mondiale de cacao.
Conscients du caractère transfrontalier de cette menace, les deux pays ont adopté, avec l’appui de la FAO et de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, une stratégie régionale couvrant la période 2026-2031. Cette feuille de route repose sur cinq axes prioritaires : la réhabilitation des plantations touchées, l’actualisation de la cartographie des foyers d’infection, le renforcement de la sensibilisation des producteurs, l’amélioration des dispositifs de surveillance et le développement de la recherche sur des variétés de cacao plus résistantes au virus.
La visite ministérielle à Guitrozon s’inscrit dans cette dynamique. En appelant les producteurs à éliminer rapidement les arbres malades et à renforcer la vigilance dans les plantations, le gouvernement entend limiter l’extension des foyers de contamination et préserver le potentiel de production du premier pays producteur mondial de cacao.
Au-delà de la lutte contre la maladie, les autorités considèrent que la protection du verger cacaoyer constitue un enjeu stratégique pour la durabilité de la filière, les revenus de millions de producteurs et la compétitivité du cacao ivoirien sur les marchés internationaux. L’efficacité de la riposte dépendra désormais de la mobilisation conjointe des producteurs, des services techniques, de la recherche et des partenaires du secteur pour contenir durablement la progression du swollen shoot.
Anne Marie KOUADIO






