La filière karité ivoirienne amorce une nouvelle étape de son développement avec l’extension à ce secteur du dispositif de régulation déjà appliqué au coton et à l’anacarde. À l’occasion de la première édition du Salon national du karité, organisée les 13 et 14 octobre 2026 à Abidjan, le directeur général du Conseil coton, anacarde et karité (CCAK), Mamadou Berté, a présenté cette évolution comme une opportunité de mieux organiser la chaîne de valeur et d’accroître sa contribution à l’économie nationale.
Pour le CCAK, il s’agit de faire évoluer une activité encore largement portée par des circuits traditionnels vers une filière davantage structurée, professionnelle et compétitive. Cette orientation doit permettre de renforcer l’organisation des acteurs, d’améliorer la qualité des produits et de favoriser une plus grande création de valeur en Côte d’Ivoire. Le Conseil a déjà engagé plusieurs actions dans ce sens, avec un accent sur le renforcement des capacités des acteurs, l’amélioration des normes de qualité et l’encouragement de la transformation industrielle locale. La régulation doit également contribuer à mieux encadrer les différents maillons de la chaîne, de la collecte à la commercialisation, en passant par la transformation.
Cette ambition intervient alors que la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel important dans le secteur. Le ministère de l’Agriculture estime à environ 60 000 tonnes la production d’amandes de karité en 2025. Pour les pouvoirs publics, la valorisation de cette ressource passe par la modernisation des équipements, l’amélioration de la qualité, la certification des produits et la préservation durable des parcs à karité.
La dimension sociale occupe également une place centrale dans cette restructuration. La collecte et la transformation du karité reposent en grande partie sur les femmes des zones rurales. Selon les autorités ivoiriennes, la filière mobilise environ 152 000 acteurs, dont de nombreuses productrices et transformatrices pour lesquelles le karité constitue une source de revenus.
Le défi consiste dès lors à améliorer leur accès aux équipements, au financement et aux marchés tout en renforçant les organisations professionnelles. Durant le salon, les échanges ont porté sur la transformation locale, la traçabilité, l’accès au crédit, la valorisation des sous-produits et la construction d’une chaîne d’approvisionnement plus rentable et inclusive.
Pour Mamadou Berté, cette nouvelle dynamique permettra de faire du karité un véritable levier de développement économique et de lutte contre la pauvreté. Le premier Salon national du karité apparaît alors comme le point de départ d’une phase où il ne sera plus seulement d’exploiter la ressource, mais de mieux organiser la filière, transformer davantage sur place et capter une part plus importante de la valeur générée par le karité ivoirien.
Robert ADJOVI






