Le Cameroun s’est lancé dans une offensive financière pour l’année 2026, avec l’ambition de mobiliser un total de 1 650 milliards de FCFA sur les marchés financiers nationaux et internationaux. Ce plan, autorisé par le président Paul Biya, vise non seulement à financer des projets de développement prioritaires, mais aussi à apurer la dette intérieure pour redonner de l’oxygène aux entreprises locales.
Pour atteindre cet objectif, le gouvernement diversifie ses sources : 1 000 milliards de FCFA sont attendus des marchés extérieurs, 400 milliards seront levés sur le marché domestique par l’émission de titres publics et 250 milliards proviendront de prêts directs auprès du secteur bancaire. Cette stratégie a déjà porté ses fruits avec le succès d’une émission obligataire de 750 millions de dollars réalisée à Londres en janvier 2026, témoignant de la confiance renouvelée des investisseurs internationaux dans la signature de l’État camerounais.
Au-delà des chiffres, cet argent est destiné à transformer concrètement le quotidien des populations à travers des secteurs vitaux. Le gouvernement a récemment signé sept accords de prêts d’un montant supérieur à 53 milliards de FCFA auprès de banques européennes comme Deutsche Bank Espagne, UniCredit et Belfius. Ces fonds financeront des projets structurants tels que l’alimentation en eau potable du port de Kribi, la gestion des déchets hospitaliers dangereux et la construction d’un centre de formation aux métiers à N’tui. L’agro-industrie, véritable moteur de croissance, bénéficie d’une attention particulière avec la création d’un abattoir industriel moderne à Maroua pour 10,4 milliards de FCFA, ainsi que le développement de fermes porcines et de centres de production de semences bovines dans les régions de l’Adamaoua et du Nord. Le secteur de la pêche n’est pas en reste, avec un investissement de 7 milliards de FCFA dédié au réaménagement du débarcadère de Youpwé à Douala et à l’acquisition de nouveaux bateaux de pêche pour moderniser la filière halieutique.
Parallèlement, le partenariat historique avec la France a été renforcé par la signature de six conventions de financement d’un montant global de 188 millions d’euros, soit environ 123,5 milliards de FCFA. Ces ressources seront injectées dans la lutte contre les inondations à Douala et Yaoundé, l’appui aux femmes entrepreneures dans le Grand Nord et l’Est, ainsi que dans les domaines de la santé et de l’éducation de base. En s’inscrivant dans la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30), le Cameroun cherche ainsi à consolider sa souveraineté financière tout en bâtissant des infrastructures durables pour stimuler sa croissance économique.
Robert ADJOVI






