À quelques semaines de la fête de Tabaski, période de forte demande en moutons, bovins et caprins, le gouvernement burkinabè a pris la décision de suspendre l’exportation du bétail sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre. À travers ce communiqué interministériel signé par les ministères en charge du Commerce, de l’Agriculture et des Finances, les autorités affichent leur volonté de garantir l’approvisionnement du marché national en bétail.
Cette mesure intervient dans un contexte particulier. La Tabaski représente non seulement un grand moment religieux et social pour les familles musulmanes, mais aussi une période de forte pression sur les marchés à bétail. Chaque année, la demande explose et les prix connaissent souvent une hausse importante, alimentée par les exportations vers les pays voisins. En limitant temporairement la sortie des animaux, le gouvernement cherche donc à maintenir une offre suffisante pour les populations locales et à éviter une flambée incontrôlée des prix.
La décision apparaît ainsi comme une mesure de protection du marché national et du consommateur. Pour de nombreux ménages, acquérir un mouton pour la Tabaski devient de plus en plus difficile en raison du coût élevé du bétail. En conservant davantage d’animaux sur le territoire national, les autorités espèrent rendre le marché plus accessible ; ce qui permettra aux familles de célébrer la fête dans de meilleures conditions.
Au-delà de la Tabaski, cette suspension met en lumière l’importance stratégique de la filière bétail dans l’économie burkinabè. Le secteur constitue une source essentielle de revenus pour les éleveurs et participe fortement aux échanges commerciaux sous-régionaux. Mais face aux défis sécuritaires, climatiques et économiques, l’État entend désormais mieux réguler cette richesse nationale.
En associant les services de contrôle aux frontières et les forces de sécurité à l’application de cette mesure, le gouvernement envoie également un signal de fermeté contre les exportations frauduleuses. Une manière de rappeler que la souveraineté alimentaire et la stabilité des marchés locaux demeurent aujourd’hui des priorités nationales.

Donamba DAMA






