Burkina Faso : à Sadaba, un simple jardin révolutionne les repas scolaires et l’apprentissage des enfants

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Dans les zones rurales confrontées aux effets du changement climatique, les jardins scolaires apparaissent aujourd’hui comme une solution durable pour améliorer à la fois l’alimentation des élèves et les conditions d’apprentissage. Grâce au Programme de renforcement de la résilience des communautés, financé par la Korea International Cooperation Agency (KOICA) et mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial, plusieurs établissements scolaires bénéficient désormais de jardins maraîchers intégrés aux cantines scolaires.

C’est le cas de l’école de Sadaba, où un jardin scolaire aménagé grâce au projet contribue quotidiennement à l’alimentation des élèves tout en servant d’outil pédagogique. Équipé d’un château d’eau assurant un approvisionnement régulier en eau, le site permet la production de plusieurs spéculations maraîchères telles que les feuilles d’oseille, les feuilles de haricot, le maïs frais ou encore l’amarante.

Sylvie Compaoré, responsable du jardin

Entretenu par les élèves avec l’appui de femmes du village, le jardin favorise une dynamique communautaire autour de l’école. Les habitants participent notamment aux travaux de semis et d’arrosage, renforçant ainsi les liens entre l’établissement scolaire et la communauté.

Selon Sylvie Compaoré, responsable du jardin, plusieurs récoltes ont déjà été effectuées. « Nous avons déjà récolté des oignons et des tomates avant de mettre en place les nouvelles cultures », explique-t-elle.

Au-delà de la production agricole, ce jardin permet surtout d’améliorer la qualité nutritionnelle des repas servis à la cantine scolaire. Dans de nombreuses écoles rurales, les menus restent souvent limités et peu diversifiés. L’introduction de légumes frais permet ainsi d’enrichir l’alimentation des élèves en vitamines et nutriments essentiels, contribuant à une meilleure santé et à de meilleures capacités d’apprentissage.

Pour la directrice de l’école de Sadaba, Fatimata Tiendrébéogo, le jardin scolaire joue également un rôle pédagogique important. « C’est une grande satisfaction pour nous de bénéficier de ce jardin. Les élèves découvrent les plants dans le cadre des cours de sciences et cela rend les apprentissages beaucoup plus faciles. Nous utilisons également les feuilles fraîches pour préparer des mets locaux à la cantine scolaire deux fois par semaine », confie-t-elle.

La directrice de l’école de Sadaba, Fatimata Tiendrébéogo

Le jardin scolaire constitue aussi une source de revenus complémentaires pour l’établissement. Une partie des légumes produits est vendue aux habitants du village afin de soutenir certaines dépenses de fonctionnement de l’école. « Nous vendons une partie des légumes aux habitants afin de soutenir le budget de l’école. Cela nous aide énormément », ajoute la directrice.

Dans les milieux scolaires ruraux, les jardins scolaires représentent ainsi bien plus qu’un simple espace de production agricole. Ils contribuent à renforcer la sécurité alimentaire, à sensibiliser les élèves aux pratiques agricoles durables et à développer des compétences pratiques utiles pour leur avenir. En impliquant les communautés locales, ces initiatives participent également au renforcement de la résilience des populations face aux défis climatiques et économiques.

À Sadaba, ce jardin scolaire illustre comment une initiative locale soutenue par des partenaires peut transformer positivement la vie scolaire tout en apportant des bénéfices à toute la communauté.

Ahoua Kiendrebeogo

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