Burkina Faso : 15 millions d’arbres pour reconquérir le territoire et défier l’avancée du désert

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Face à une dégradation accélérée de ses ressources forestières, le Burkina Faso a décidé de passer à l’offensive. À l’occasion de la 8ᵉ édition de la Journée nationale de l’Arbre (JNA), célébrée le 20 juin 2026 sous le thème « Ma concession, mon arbre », le pays a lancé l’une des plus ambitieuses campagnes de reboisement de son histoire.

Chaque année, plus de 110 000 hectares de forêts disparaissent sous l’effet conjugué des pressions humaines, de l’expansion agricole et des changements climatiques. Une réalité qui menace la biodiversité, la fertilité des sols, les ressources en eau et, à terme, la sécurité alimentaire des populations. Pour inverser cette tendance, les autorités ont engagé une mobilisation nationale de grande envergure. Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a donné le signal de départ à Ouagadougou en procédant lui-même à une plantation d’arbre, rappelant que cet acte simple constitue un investissement direct pour la vie, l’environnement et les générations futures.

Point d’orgue de cette édition, l’opération « L’Heure patriotique pour reverdir le Faso » s’est fixé l’objectif de planter cinq millions d’arbres en une seule heure à travers le pays. Cette initiative s’inscrit dans une ambition encore plus vaste de mise en terre de 15 millions de plants au cours de la campagne nationale de reforestation.

Cette année, le défi ne se limite plus à planter. Les autorités veulent désormais garantir la survie des arbres. Alors que moins d’un plant sur deux atteignait autrefois sa maturité, l’objectif est désormais de porter le taux de survie à au moins 80 %. Une approche qui privilégie l’entretien, le suivi et la responsabilisation des citoyens autour de chaque arbre mis en terre.

La mobilisation a gagné toutes les couches de la société. Dans les administrations, les écoles, les centres de santé, les collectivités territoriales et les villages, les initiatives se sont multipliées. Le ministère de l’Enseignement de base a ainsi mobilisé ses structures pour la plantation de plus de 27 000 arbres, tandis que plusieurs régions ont fixé des objectifs particulièrement ambitieux. Dans la région des Koulsé, par exemple, au moins 350 000 plants devraient être mis en terre au cours de la campagne. De Sapouy à Manni, les populations, les agents publics et les autorités locales se sont approprié cette dynamique nationale en transformant concessions, espaces publics et infrastructures communautaires en véritables foyers de reboisement.

Cette mobilisation a également été l’occasion de célébrer les acteurs engagés dans la restauration des écosystèmes. La première édition de la « Nuit de l’Arbre » a récompensé plusieurs champions de l’environnement, dont Marthe Toé née Paré, distinguée par le Prix Yacouba Sawadogo pour son remarquable travail de régénération des terres dégradées.

Prévue jusqu’au 30 septembre sous le slogan « Une institution, un bosquet », cette campagne nationale dépasse largement le cadre d’une simple opération de plantation. Elle constitue une réponse concrète aux défis climatiques, un levier de lutte contre la désertification et un investissement stratégique pour la sécurité alimentaire du Burkina Faso. Car derrière chaque arbre planté se dessine un objectif plus grand : restaurer les terres, protéger les ressources naturelles, améliorer les conditions de vie des populations et transmettre aux générations futures un patrimoine écologique plus résilient.

Alpha BARRO

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