Le premier forum africain sur les statistiques de genre et de l’enfant (AGCSF 2026) tenu à Yaoundé au Cameroun, s’est achevé ce 10 juillet 2026. Ce forum se tient dans le cadre d’une volonté commune des gouvernements africains et de leurs partenaires de renforcer les systèmes statistiques afin de produire des données plus fiables, harmonisées et désagrégées. L’objectif est de mieux orienter les politiques publiques en faveur des femmes, des enfants et des populations les plus vulnérables.
Pendant cinq jours, ils se sont réunis autour du thème : « Des statistiques qui comptent : droit, justice et opportunités pour tous », entre responsables gouvernementaux, directeurs d’instituts nationaux de statistique, des chercheurs, représentants de la société civile, du secteur privé ainsi que partenaires techniques et financiers.
Au cours des différentes sessions, les participants ont examiné plusieurs défis auxquels fait face le continent. Les discussions ont porté sur les violences faites aux femmes et aux enfants, l’accès à la justice, l’identité juridique, les migrations, les effets du changement climatique ainsi que le leadership féminin. Les échanges ont également mis en avant l’importance de moderniser les systèmes statistiques grâce aux données administratives, aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle afin d’améliorer la qualité et la disponibilité des informations.
Lors de l’ouverture des travaux, le directeur général de l’INS du Cameroun, Joseph Tedou, a rappelé que les statistiques constituent un levier essentiel pour bâtir des politiques publiques efficaces et inclusives. Selon lui, il ne peut y avoir de développement équitable ni de justice sociale sans des données fiables permettant d’identifier avec précision les populations les plus vulnérables. Il a résumé cette idée par une formule forte : « Ce que l’on ne compte pas, on finit par ne plus le voir. Et ce que l’on ne voit pas, on ne le protège pas, on ne le finance pas, on ne le gouverne pas ».
Les participants ont aussi réfléchi sur l’Indice africain du genre (AGI) 2027, une initiative portée conjointement par la Banque africaine de développement et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Ils ont examiné la méthodologie élargie de cet indice, les résultats de la phase pilote de collecte des données ainsi que les prochaines étapes de sa mise en œuvre pour mieux mesurer les progrès réalisés en matière d’égalité entre les femmes et les hommes en Afrique.
L’événement était organisé par le Groupe de la Banque africaine de développement, la Commission de l’Union africaine, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), ONU Femmes et l’UNICEF, en collaboration avec l’Institut national de la statistique (INS) du Cameroun.
Le directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour la région Afrique centrale, Léandre Bassolé, a insisté sur le rôle stratégique des données dans la prise de décision. Il a réaffirmé l’engagement de la Banque africaine de développement à accompagner les États africains dans le renforcement de leurs capacités statistiques, notamment à travers l’Indice de l’égalité de genre en Afrique.
Ahoua KIENDREBEOGO






