Dans le village de M’poti, au cœur de la commune de Blitta 3, une nouvelle ambition prend racine dans les plantations de cacao. Longtemps exportée comme simple matière première, la fève togolaise s’apprête désormais à conquérir les marchés les plus exigeants grâce à un centre de traitement post-récolte d’excellence, inauguré en juin 2026. Derrière cette infrastructure moderne le Togo ambitionne de devenir une référence du cacao fin. Cette option permet aux producteurs de capter une plus grande part de la valeur ajoutée de leur travail.
Fruit d’un partenariat entre le Département français des Yvelines et les acteurs togolais de la filière, le centre représente un investissement d’environ 32,8 millions de FCFA. Installé sur un hectare, le complexe dispose d’équipements modernes dédiés aux étapes les plus déterminantes de la qualité finale du cacao à savoir la fermentation et le séchage. Avec ses 42 caisses de fermentation, ses infrastructures de séchage et son laboratoire d’analyse, le centre permettra d’identifier et de valoriser les caractéristiques aromatiques uniques du terroir de la région Centrale.
Cette maîtrise du processus post-récolte ouvre au cacao togolais les portes du marché très sélectif du cacao fin, un segment recherché par les chocolatiers haut de gamme d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord. Dès sa première année de fonctionnement, le centre ambitionne de commercialiser 25 tonnes de cacao d’excellence destinées notamment aux artisans chocolatiers européens et japonais.
Pour les producteurs, l’enjeu est considérable. En accédant à ce marché de niche, ils pourront s’affranchir en partie des fluctuations parfois brutales des cours internationaux. Le partenariat prévoit d’ailleurs un prix minimum garanti de 1 400 FCFA le kilogramme, offrant ainsi une meilleure visibilité économique aux exploitants. Ainsi, grâce à une meilleure maîtrise de la qualité et à une traçabilité renforcée, le pays espère construire une véritable identité autour de l’« Origine Togo », capable de séduire les marchés internationaux les plus exigeants.
Le projet est porté par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), qui entend multiplier ce modèle à travers le pays. Après les expériences menées dans la région de Wawa et avant l’ouverture annoncée d’un futur centre à Agou, l’objectif est de créer un réseau national de pôles d’excellence capables d’accompagner la montée en gamme de la production togolaise.
À M’poti, l’inauguration du centre symbolise la volonté du Togo de passer d’une logique d’exportation de matières premières à une stratégie fondée sur la qualité, la transformation et la création de valeur.
Anna Marie KOUADIO






