Industrialisation, libre-échange et compétitivité : les trois priorités économiques de l’AES

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Réunis à Ouagadougou à l’occasion de la 4e rencontre des ministres de l’Industrie, du Commerce et du Secteur privé de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), les ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur volonté commune de faire de l’intégration économique un levier majeur de développement. Cette rencontre stratégique vise à évaluer les avancées enregistrées, identifier les obstacles persistants et définir de nouvelles actions concrètes pour renforcer la coopération économique entre les trois pays.

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo, a rappelé que le développement économique constitue un pilier essentiel de la Confédération, en complément des efforts déjà engagés dans les domaines de la défense, de la sécurité et de la diplomatie. À cet effet, il a invité les ministres de l’industrie et du commerce des trois pays Serge Gnaniodem Poda, ses homologues, malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ainsi que nigérien du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, et les acteurs du secteur privé à concentrer leurs réflexions autour de trois priorités majeures dont l’industrialisation endogène, la fluidification des échanges commerciaux et la lutte contre la concurrence déloyale.

Sur le plan commercial, le chef du gouvernement a encouragé la nécessité de lever les barrières administratives et physiques qui entravent encore les échanges entre les États membres. Selon lui, la construction d’un véritable marché unique sahélien passe par la libre circulation des biens et des services, dans le respect des règles définies par l’espace confédéral. Il a ainsi appelé à des solutions concrètes pour mettre fin aux tracasseries routières, aux lourdeurs bureaucratiques et autres pratiques qui freinent les opérateurs économiques et augmentent les coûts des transactions.

« Nous devons bâtir un marché sahélien où les biens circulent librement, créant une richesse partagée qui ne dépend plus des injonctions extérieures », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de prendre des mesures pragmatiques dont les effets seront rapidement perceptibles par les citoyens et les acteurs économiques de l’AES.

Jean Emmanuel Ouédraogo a également plaidé pour une industrialisation fondée sur la valorisation locale des ressources naturelles et agricoles. Pour lui, l’AES doit rompre avec le modèle d’exportation des matières premières à l’état brut et devenir un véritable pôle de transformation industrielle. « Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons » doit constituer le mot d’ordre des États membres, a-t-il soutenu.

Abordant la question de la concurrence déloyale, le Premier ministre a exhorté les trois pays à harmoniser leurs textes réglementaires afin de protéger les industries naissantes et favoriser l’émergence de champions économiques nationaux capables de soutenir la croissance régionale.

À travers cette rencontre, les États membres de l’AES entendent ainsi jeter les bases d’un espace économique plus intégré, plus résilient et davantage tourné vers les intérêts des populations. Les conclusions des travaux sont attendues avec intérêt, alors que la Confédération ambitionne de transformer sa proximité géographique et culturelle en une véritable force économique régionale.

Ahoua KIENDREBEOGO

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