Tabaski 2026 : l’arrêt des exportations de bétail du Burkina Faso fait flamber les prix en Côte d’Ivoire

Publié le:

spot_img

À l’approche de la Tabaski, les marchés à bétail ivoiriens connaissent une tension inhabituelle. En cause : la suspension des exportations de bétail décidée récemment par le Burkina Faso, principal fournisseur des marchés ivoiriens en animaux sur pied. Cette mesure provoque déjà une hausse des prix des moutons et des bovins dans plusieurs villes de Côte d’Ivoire, où la demande explose à quelques semaines de la fête musulmane.

Selon une analyse relayée par Inter-réseaux Développement rural, cette décision des autorités burkinabè intervient dans un contexte régional déjà fragilisé par l’insécurité persistante au Mali, autre grand pays exportateur de bétail vers les marchés côtiers ouest-africains. La combinaison de ces facteurs réduit fortement l’offre disponible pour la Côte d’Ivoire, entraînant une flambée progressive des prix sur les marchés d’Abidjan et des grandes agglomérations.

Le gouvernement burkinabè a officiellement suspendu les exportations de bétail depuis le 8 mai 2026 afin de garantir l’approvisionnement du marché national. Les autorités évoquent également une volonté de restructurer la filière élevage et de promouvoir davantage l’exportation de viande transformée plutôt que celle des animaux sur pied.

Lire aussi: Burkina Faso : suspension de l’exportation du bétail pour préserver la Tabaski et le marché

Cette décision n’est pas sans conséquences pour les commerçants ivoiriens. Dans plusieurs marchés, les vendeurs constatent déjà une raréfaction des animaux disponibles alors que les ménages intensifient leurs achats en prévision de la fête. Certains opérateurs craignent une hausse record des prix si la situation perdure jusqu’à la veille de la Tabaski.

Face à cette pression, les autorités ivoiriennes cherchent des solutions alternatives. Le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, explore notamment de nouvelles pistes d’approvisionnement, en particulier auprès de la Mauritanie. L’objectif est d’éviter une pénurie susceptible d’affecter le pouvoir d’achat des populations durant cette période de forte consommation.

Au-delà de l’effet immédiat sur les prix, cette crise révèle l’importance stratégique du commerce régional du bétail en Afrique de l’Ouest. Les échanges entre pays sahéliens producteurs — comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger — et les grands marchés côtiers tels que la Côte d’Ivoire ou le Ghana structurent depuis des décennies l’économie pastorale régionale. Des études sur le commerce du bétail estiment que le corridor central ouest-africain absorbe chaque année plusieurs centaines de milliers de têtes de bétail en provenance du Sahel.

Cette interdépendance économique entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire reste particulièrement forte. Les deux pays entretiennent des relations commerciales étroites, facilitées notamment par le corridor Abidjan-Ouagadougou, essentiel pour les échanges de marchandises et de produits agricoles.

Alors que la Tabaski approche, consommateurs, commerçants et autorités suivent désormais avec attention l’évolution du marché. Entre souveraineté alimentaire, transformation locale des ressources animales et stabilité des échanges régionaux, cette crise du bétail met en lumière les profondes mutations en cours dans l’économie pastorale ouest-africaine.

Robert ADJOVI

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Publicité

spot_img

Autres Articles