La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui assurent ensemble plus de 60 % de la production mondiale de fèves, ont franchi une étape décisive dans la lutte contre le virus du Swollen Shooten adoptant une stratégie régionale unifiée. Lors d’un atelier tenu à Abidjan les 14 et 15 avril 2026, les deux pays ont scellé un pacte pour mettre en œuvre un plan d’action quinquennal s’étalant de 2026 à 2031.
Ce virus incurable, surnommé le « Sida du cacao », provoque des déformations des rameaux et une défoliation sévère, entraînant la mort de l’arbre en seulement trois à cinq ans. Face à une menace qui ronge déjà 15 % du verger ivoirien et environ 17 % des plantations ghanéennes, les autorités ont décidé de passer à la vitesse supérieure pour protéger les moyens de subsistance de millions de planteurs.
La nouvelle feuille de route repose sur cinq piliers stratégiques : la réhabilitation des exploitations touchées, la cartographie précise des foyers d’infection, la sensibilisation des producteurs, une surveillance accrue et la recherche de variétés résistantes. Cette riposte coordonnée impose des mesures drastiques, notamment l’arrachage systématique des cacaoyers infectés, une opération déjà soutenue financièrement par la Banque mondiale à hauteur de 100 millions de dollars au Ghana pour réhabiliter 210 000 hectares.
Alex Assanvo, Secrétaire exécutif de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, a souligné que la lutte ne peut plus être isolée, mais doit être menée comme un combat régional pour garantir la pérennité de la filière. L’engagement de l’Union européenne, premier acheteur mondial, et de la FAO renforce cette dynamique, alors que les exigences internationales en matière de traçabilité et de durabilité deviennent un enjeu de survie commerciale.
Il s’agit donc d’un impératif économique majeur pour les deux pays, dont la production nationale demeure le poumon financier de la région ouest-africaine. L’appel à l’action est désormais lancé à tous les partenaires techniques et financiers pour intensifier les efforts et sauver l’avenir du cacao mondial.
Anne Marie KOUADIO/Agrodev.info






