À Banfora, la mangue est bien plus qu’un fruit. Elle est comme une identité, une richesse naturelle, une fierté locale. Derrière ce fruit doré, sucré et juteux, des femmes mènent un combat quotidien, entre cueillage dans les vergers et vente ambulante dans les voiries, elles assurent leur autonomisation. Fatim et Awa en sont des exemples de cette bravoure.
Difficile de séjourner à Banfora, ville située à plus de 400 kilomètres de Ouagadougou, sans succomber à ses mangues. Naturelles, juteuses, dorées, elles s’imposent au regard comme au goût. Ici, les vergers en regorgent.
Mais derrière cette générosité de la nature, il y a des efforts, et des visages. Et c’est le cas de Fatim et Awa (noms d’emprunts), la quarantaine chacune. Un bébé au dos, un foulard soigneusement enroulé sur la tête pour soutenir une grande cuvette remplie de mangues, sillonnent les rues de Banfora à la recherche de clients.
Leur journée commence bien avant la vente. « Nous avons quitté notre village, Fabédougou, (environ quinze kilomètres de Banfora) pour aller chercher les mangues dans les vergers », confient-elles. « Nous allons chercher les mangues dans les vergers, souvent encore plus loin, avant de venir vendre », continuent t’elles.
Des kilomètres à pied, sous un soleil déjà pesant. Dans les vergers, elles aident à cueillir les mangues mûres, directement à l’arbre qui leur sont vendues 5 à 200 FCFA. Puis, sans répit, elles reprennent la route, direction la ville pour la vente ambulante. Ces mangues, elles les revendent 4 à 200fr à leur clientèle diversifiée.

Dans les rues, elles avancent lentement, interpellent les passants, bercent leurs bébés, parfois pleurnichards. Chaque arrêt est une opportunité. Chaque vente est une bonne affaire. « On ne veut pas rester à attendre que nos maris rentrent avec de l’argent. Nous aussi, on veut contribuer aux dépenses de la famille. Ce commerce nous permet d’apporter une aide », lancent t’elles.
Revenus modestes, cette activité pourtant essentielle permet d’assurer le quotidien, de participer aux charges du foyer, et surtout, de garder une certaine autonomie.
Avec le gain quotidien, elles confient soulager leurs compagnons dans les charges financières de la famille.
Un commerce éphémère, et changeant en fonction des saisons
En cette période de forte présence de la mangue dans la localité, elles se font de bonnes affaires. Après cela, elles se lancent vers d’autres horizons, elles s’adaptent en fonction des saisons. « Après les mangues, on change. On vend d’autres fruits, selon la période et ce qu’on trouve », précisent-elles.
Leurs journées se terminent avec une assiette vide, une bourse d’argent durement gagné, un sourire et plus que déterminées pour recommencer le lendemain. Ce commerce, modeste soit-il, est pour ces femmes résilientes, un moyen de tracer leur autonomisation. Une tâche qu’elleBanfora : quand la mangue devient le terrain de lutte des femmes accomplissent avec résilience et gorgée de détermination.
Evita SAWADOGO/ Agrodev.info






