Sahel : plus de 60 % de la zone exposée à des conditions défavorables pour les pâturages

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La campagne pastorale 2026-2027 suscite des inquiétudes au Sahel et en Afrique de l’Ouest. À mi-parcours, un peu plus de 60 % de la zone sahélienne présente des conditions défavorables à une bonne production fourragère, selon une note spéciale du Centre régional AGRHYMET. Le mauvais démarrage de la saison des pluies, les séquences sèches prolongées et les déficits pluviométriques compromettent la régénération des pâturages.

Les difficultés sont particulièrement marquées dans plusieurs zones du nord du Mali, du Niger, de la Mauritanie et du Tchad. Au Burkina Faso, AGRHYMET identifie le Goulmou, la Tapoa, la Sirba, le Yaadga, le Liptako et le Soum parmi les territoires où la production de biomasse est très inférieure aux références des cinq dernières années et à celles de 2025 à la même période. Dans certaines unités administratives nord-sahéliennes et sahariennes, le front de végétation reste inférieur à 100 kg de matière sèche par hectare, un niveau considéré comme critique. Les animaux dépendent alors largement des résidus de biomasse de l’année précédente et de la végétation encore disponible. À l’inverse, certaines zones soudaniennes et guinéennes disposent de ressources fourragères plus abondantes et pourraient constituer des espaces de repli pour les troupeaux.

La mise à jour des prévisions saisonnières de septembre à novembre 2026 laisse entrevoir une faible probabilité d’amélioration significative dans les zones déjà déficitaires. Les secteurs modérément affectés pourraient toutefois connaître une évolution plus favorable si les pluies de septembre et d’octobre se maintiennent. Cette situation pourrait entraîner des déplacements inhabituels de troupeaux vers les zones mieux pourvues en pâturages et en eau, avec un risque accru de tensions entre usagers des ressources. Pour les éleveurs, la disponibilité du fourrage conditionne directement l’alimentation du bétail, son état corporel et la capacité des exploitations à traverser la saison sèche.

AGRHYMET recommande de renforcer le suivi des pâturages, des points d’eau et des mouvements de transhumance, en associant données satellitaires et observations locales. Le Centre préconise également des mécanismes de concertation entre éleveurs, agriculteurs et autorités, ainsi que la mise en place rapide de bandes pare-feu pour protéger les zones excédentaires contre les feux de brousse.

Gilbert BAZIE

Télécharger : la note spéciale du Centre régional AGRHYMET

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