La Côte d’Ivoire veut mieux connaître ses producteurs d’anacarde et leurs exploitations afin de renforcer la gestion et la traçabilité de la filière. Le Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK) a lancé, le 11 août 2026 à Korhogo, le Projet d’identification des exploitants et exploitations d’anacarde (IEEA). Le dispositif doit permettre de constituer une base de données plus fiable sur les producteurs et les superficies consacrées à l’anacarde. Ces informations devraient améliorer la planification des interventions dans une filière dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de noix de cajou.
Le projet vise à faciliter une meilleure allocation des ressources, améliorer la répartition des intrants agricoles et renforcer la traçabilité des noix. Le CCAK prévoit également que l’identification des acteurs contribue à sécuriser davantage les transactions commerciales et à mieux prendre en compte les spécificités des différentes zones de production. Pour le directeur général adjoint du CCAK, Issa Konaté, disposer de données précises sur le nombre de producteurs et la taille de leurs exploitations est indispensable pour calibrer les programmes d’appui et de développement de la filière. Les autorités administratives et coutumières ont ainsi été sollicitées pour faciliter le déroulement de l’opération sur le terrain.
L’enjeu est important pour une filière qui a commercialisé 1 549 221 tonnes d’anacarde en 2025, selon les chiffres présentés par le président du Conseil d’administration du CCAK, Jérôme Ehui Kouassi. Malgré ce volume, le régulateur estime que des efforts restent nécessaires pour améliorer l’organisation de la filière, sa résilience face aux chocs économiques et climatiques et la valorisation des sous-produits de l’anacarde.
Le CCAK mise également sur la transformation locale pour accroître la valeur ajoutée créée en Côte d’Ivoire. Selon l’institution, le développement de cette activité pourrait générer 12 000 emplois directs supplémentaires, à travers une meilleure exploitation des différentes utilisations de l’anacarde. L’identification des producteurs apparaît ainsi comme une étape supplémentaire dans la structuration de la filière.
En disposant de données plus précises sur les exploitations, les autorités ivoiriennes veulent mieux orienter les soutiens, suivre la production et renforcer la traçabilité jusqu’à la commercialisation.
Anne Marie KOUADIO






