Côte d’Ivoire : la filière anacarde renforce ses engagements environnementaux et sociaux

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La Côte d’Ivoire veut inscrire davantage le développement de sa filière anacarde dans une logique de durabilité. Les acteurs du secteur s’engagent à mieux prendre en compte les enjeux environnementaux et sociaux liés à la production, à la transformation et aux investissements réalisés dans la chaîne de valeur.

Cette démarche intervient alors que la filière connaît une forte expansion. En 2025, la Côte d’Ivoire a produit plus de1,5 million de tonnes de noix de cajou, confirmant son rang de premier producteur mondial. Dans le même temps, le pays poursuit l’augmentation de ses capacités de transformation locale, avec l’objectif de créer davantage de valeur et d’emplois sur le territoire national. Cette croissance implique toutefois de mieux maîtriser les impacts associés aux différentes activités. La sauvegarde environnementale et sociale vise notamment à intégrer la prévention des risques dans la conception et la mise en œuvre des investissements, qu’il s’agisse d’infrastructures rurales, d’unités de transformation ou d’actions conduites dans les zones de production.

La filière dispose déjà d’une expérience dans ce domaine. Dans le cadre du Projet d’appui à la compétitivité de la chaîne de valeur de l’anacarde, plusieurs instruments ont été élaborés pour encadrer les impacts environnementaux et sociaux, surtout en matière d’évaluation environnementale, de gestion des pesticides, de protection des habitats naturels et de prise en compte des populations affectées par certains investissements.

La dimension environnementale devient également un enjeu économique. En effet, la Côte d’Ivoire développe, par exemple, des solutions de valorisation des résidus de cajou. Une unité industrielle inaugurée en juin 2026 à Attinguié dispose d’une capacité annuelle de traitement d’environ 20 000 tonnes de résidus de coques pour produire du biochar, illustrant les possibilités offertes par l’économie circulaire dans la filière. Parallèlement, les acteurs travaillent sur la résilience des plantations face au changement climatique. Le Conseil Coton Anacarde Karité a engagé en 2026 un programme de réhabilitation des vergers destiné à améliorer leur productivité et à favoriser une gestion plus durable des plantations.

L’enjeu est de faire accompagner la progression de la production et de la transformation par des pratiques capables de protéger les ressources naturelles et de mieux prendre en compte les communautés concernées. Pour une filière qui occupe une place croissante dans l’économie agricole ivoirienne, la compétitivité ne se mesure donc plus seulement en volumes produits ou transformés, mais également à la capacité de rendre cette croissance durable sur les plans environnemental et social.

Robert ADJOVI

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