Côte d’Ivoire : 23 millions d’hectares de terres rurales restent à sécuriser

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La Côte d’Ivoire veut accélérer la sécurisation de son foncier rural, un enjeu majeur pour les producteurs, l’investissement agricole et la prévention des conflits autour de la terre. Le pays compte 23 millions d’hectares de terres rurales à sécuriser, 8 631 villages à délimiter et environ 1,5 million de certificats fonciers à délivrer. Ces chiffres ont été rappelés le 11 août 2026 à Abidjan par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, lors du lancement de la première édition des Journées Foncières d’Abidjan. Selon le ministère, la sécurisation des droits sur la terre constitue à la fois un facteur de cohésion sociale et un levier pour favoriser l’investissement productif et le développement durable.

Depuis la création de l’Agence foncière rurale (AFOR) en 2016, les opérations de sécurisation ont progressé. Les données gouvernementales font état de 5 786 villages délimités et bornés, dont 2 316 consacrés par arrêté ministériel. Le nombre de certificats fonciers délivrés atteint 68 026, tandis que 86 447 contrats agraires ont été formalisés. Malgré ces avancées, l’écart avec les besoins reste important. Pour le secteur agricole, la clarification des droits fonciers est particulièrement stratégique : elle doit permettre aux exploitants de mieux sécuriser leurs terres et créer un environnement plus favorable aux investissements de long terme. L’AFOR présente ainsi la sécurisation foncière comme un enjeu lié à la paix sociale, à l’investissement et à la modernisation de l’agriculture.

La Côte d’Ivoire entend également renforcer la digitalisation de la gestion foncière afin d’améliorer les procédures et la disponibilité des informations. Le gouvernement veut parallèlement poursuivre les efforts de délimitation des villages, de délivrance des certificats et de formalisation des contrats entre détenteurs de droits et exploitants. Les Journées Foncières d’Abidjan, prévues du 5 au 7 octobre 2026 au Parc des Expositions de Port-Bouët, doivent justement servir de cadre d’échanges sur ces problématiques. Des représentants de 14 pays sont annoncés, avec le Sénégal comme pays invité d’honneur pour partager notamment son expérience en matière de cadastre et de sécurisation foncière.

À travers ce chantier, la Côte d’Ivoire cherche donc à transformer la sécurisation de la terre en outil de développement rural. L’ampleur des superficies encore concernées montre toutefois que l’accélération de la certification et de la formalisation des droits restera l’un des principaux défis de la politique foncière dans les prochaines années.

Robert ADJOVI

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