Cosmétiques, compléments alimentaires et plantes médicinales : des ONG ivoiriennes réclament plus de transparence

Publié le:

spot_img

En Côte d’Ivoire, la publication des résultats de la campagne nationale de déclaration des produits de santé suscite des inquiétudes au sein de la société civile. Un collectif d’ONG de lutte contre la dépigmentation artificielle et les produits cosmétiques non conformes demande à l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) de rendre publiques les informations relatives à 2 639 produits présentés comme présentant un risque, et de retirer du marché ceux dont la dangerosité ou la non-conformité aura été officiellement établie.

Le 5 septembre 2026, l’ONG CEMC-CI et le collectif saluent la démarche d’accompagnement des opérateurs engagée par l’AIRP, mais estiment que la protection des consommateurs doit rester prioritaire. Les organisations réclament la liste des produits concernés, la nature des risques identifiés et les résultats détaillés des contrôles et analyses réalisés. La campagne nationale concernait les cosmétiques, les compléments alimentaires et les médicaments à base de plantes. L’AIRP a annoncé une séance de restitution des résultats et d’accompagnement vers la conformité réglementaire, prévue le 16 septembre 2026 à l’Institut national de santé publique (INSP), à Abidjan. Cette rencontre doit permettre aux opérateurs ayant participé à la campagne de mieux comprendre les démarches nécessaires à la régularisation de leurs produits.

Pour les ONG, cette phase de mise en conformité ne doit toutefois pas retarder les mesures de sécurité lorsque des risques sont confirmés. Elles demandent aux services compétents du ministère du Commerce et de la police sanitaire de procéder aux retraits nécessaires et d’assurer leur application effective. Le collectif interpelle également le Premier ministre et le Conseil de régulation de l’AIRP afin que les responsabilités soient établies en cas de manquements graves. Il demande la démission du directeur général de l’AIRP, Dr Assane Coulibaly, si de tels manquements venaient à être établis. Il s’agit à ce stade d’une demande conditionnelle des organisations, et non d’une sanction ou d’une responsabilité officiellement reconnue.

Au-delà de la controverse, le dossier met en évidence l’importance de la traçabilité, de l’information du consommateur et du contrôle sanitaire dans la commercialisation des produits cosmétiques et de santé. Pour les entreprises concernées, la conformité réglementaire constitue un enjeu de sécurité publique, mais aussi de confiance et de compétitivité sur le marché.

Le chiffre de 2 639 ne doit pas être assimilé à 2 639 produits dont la dangerosité aurait été définitivement démontrée. Les informations obtenues ne permettent pas de distinguer précisément les catégories de risque, les produits simplement non conformes et ceux dont le retrait aurait déjà été ordonné. La restitution annoncée par l’AIRP devrait permettre de clarifier ces éléments.

Anne Marie KOUADIO

Restez informé ! Inscrivez-vous pour recevoir nos derniers articles et conseils d'experts.

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Publicité

spot_img

Autres Articles