Le Palais des Congrès de Lomé a abrité, du 18 au 28 juin 2026, la Quinzaine régionale consacrée au commerce transfrontalier à petite échelle exercé par les femmes de l’espace CEDEAO. Organisée par le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG), la rencontre visait à renforcer la place des commerçantes dans le processus d’intégration économique de l’Afrique de l’Ouest. L’événement a réuni des femmes commerçantes, des responsables gouvernementaux, des représentants d’institutions financières et d’administrations frontalières, ainsi que des organisations régionales et des partenaires techniques et financiers. Les échanges ont porté sur les moyens d’améliorer les conditions d’exercice du commerce transfrontalier féminin et de créer un environnement plus inclusif, plus sécurisé et plus compétitif.
Malgré leur contribution à l’approvisionnement des marchés et à la sécurité alimentaire, les commerçantes restent confrontées à de nombreuses difficultés. Les tracasseries administratives aux frontières, l’accès limité au financement, le manque d’informations sur les marchés, la complexité des procédures et l’insuffisance de l’accompagnement technique réduisent leurs capacités de développement. Ces contraintes augmentent les coûts des opérations, ralentissent la circulation des marchandises et fragilisent les revenus des femmes qui vivent du commerce entre les pays de la sous-région. Elles limitent également leur participation aux chaînes de valeur agricoles, alors que les petites commerçantes jouent un rôle essentiel dans l’acheminement des produits vers les marchés urbains et ruraux.

Le Programme régional d’intégration des marchés agricoles (PRIMA) a occupé une place importante dans les discussions. Mis en œuvre au Bénin et au Togo depuis 2023, ce programme accompagne les efforts de la CEDEAO en faveur de la libre circulation des produits agricoles, sylvicoles, pastoraux et halieutiques. Il accorde une attention particulière aux femmes, aux jeunes et aux autres acteurs vulnérables du commerce transfrontalier. Il intervient notamment dans la facilitation des échanges, la réduction des barrières commerciales, le renforcement des capacités des opérateurs économiques et l’amélioration de l’accès aux informations utiles sur les marchés.
La présentation du PRIMA au cours de la rencontre a permis aux participants de prendre connaissance des actions menées, des résultats enregistrés et des perspectives du programme. Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de mieux coordonner les interventions des administrations publiques, des institutions financières et des organisations professionnelles. Pour la CEDEAO, le commerce transfrontalier exercé par les femmes ne peut plus être considéré comme une activité économique marginale. Il représente un levier de création d’emplois, de développement des marchés agricoles, de cohésion sociale et d’autonomisation économique.
À travers cette rencontre de Lomé, l’organisation régionale entend ainsi inscrire davantage les besoins des commerçantes dans ses politiques d’intégration. Les recommandations formulées devraient contribuer à améliorer leur accès au financement, à l’information et aux dispositifs d’accompagnement, mais aussi à rendre les passages aux frontières plus sûrs et plus fluides. L’objectif est de permettre aux femmes commerçantes d’exercer leurs activités dans des conditions plus équitables et de participer pleinement à la construction d’un marché ouest-africain intégré, au bénéfice des économies nationales et de la sécurité alimentaire régionale.
Ahoua KIENDREBEOGO






