Sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), s’est tenue la septième Semaine du commerce et de l’environnement, marquant une étape importante dans la diplomatie commerciale du XXIe siècle. Présidée par la Directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala, cette rencontre a permis aux participants de prendre conscience, à travers un partage d’informations et d’expériences, que le commerce ne peut plus être dissocié de l’urgence climatique.
Le Japon et l’Australie ont endossé le rôle de pionniers, dévoilant leurs stratégies nationales pour aligner leurs échanges commerciaux sur les impératifs de la planète. Tokyo a exposé sa politique de « marchés publics verts », imposant des critères de performance environnementale stricts, notamment en matière d’émissions de gaz à effet de serre liées au cycle de vie de l’acier et du fer. De son côté, Canberra a présenté sa nouvelle norme d’efficacité pour les véhicules, un pilier essentiel pour atteindre ses engagements sous l’Accord de Paris. Ces contributions, saluées pour leur transparence, ont ouvert un débat sur le concept du commerce vert (l’interopérabilité). Pour les délégués, il ne suffit plus de légiférer dans son coin ; il faut s’assurer que les normes nationales convergent entre elles, en s’appuyant sur des standards internationaux comme ceux de l’ISO, afin d’éviter que la protection de l’environnement ne se transforme en barrière protectionniste déguisée.
Cependant, cette transition ne se fera pas sans une attention particulière portée à l’équité mondiale. Au fil des seize sessions organisées par les membres, une voix persistante a rappelé que la « dimension développement » doit rester la boussole de ces réformes. Plusieurs pays ont souligné l’importance cruciale d’évaluer l’impact de ces mesures climatiques sur l’accès aux marchés pour les économies en développement. L’objectif étant de bâtir un système où la technologie verte circule librement et où personne n’est laissé au bord du chemin de la décarbonation. Cet appel à la solidarité a été renforcé par les interventions de la coalition des ministres du commerce pour le climat et les mises à jour sur les initiatives concernant la pollution plastique et la réforme des subventions aux combustibles fossiles.
Le regard est désormais tourné vers l’avenir, avec un agenda qui s’annonce aussi dense qu’ambitieux. Dès septembre 2026, l’OMC replongera dans ces dossiers avec une session thématique dédiée à la cohérence des méthodologies de calcul du carbone. Les membres ont déjà tracé les contours des prochains débats : économie circulaire, services environnementaux, transferts de technologies propres et agriculture durable. Alors que la perspective de la COP31 à Antalya en novembre 2026 se dessine à l’horizon, Genève semble avoir trouvé son rythme de croisière pour transformer le commerce mondial en un levier efficace de la transition écologique.
Alpha BARRO






