L’ancien ministre togolais de l’Agriculture, Noël Koutéra Bataka, prend officiellement la direction du bureau du Fonds international de développement agricole au Burkina Faso. L’information est confirmée par l’équipe des Nations unies au Burkina Faso, qui le présente comme directeur pays du FIDA.
Ingénieur agronome et spécialiste des politiques agricoles et du développement rural, Noël Koutéra Bataka arrive à ce poste dans un contexte marqué par le renforcement de la coopération entre le Burkina Faso et l’institution financière des Nations unies. Il aura notamment pour mission de superviser les programmes financés par le Fonds, de coordonner les relations avec les autorités nationales et de veiller à ce que les investissements produisent des résultats concrets pour les communautés rurales. Le nouveau responsable connaît déjà les programmes agricoles mis en œuvre dans le pays. En mai 2026, il avait conduit une délégation d’experts du FIDA chargée de la supervision du Programme pour le renforcement de la résilience des petits producteurs, RESI-2P « Kakoadb-Jànsùli ». Cette mission avait examiné l’état d’exécution des activités, les aménagements de bas-fonds et les mesures d’accompagnement des exploitations et microentreprises rurales.
La prise de fonction de Noël Koutéra Bataka intervient également au démarrage de l’Opération de renforcement des infrastructures agricoles et de marché pour la souveraineté alimentaire, ORIAM-SA. Le FIDA et le gouvernement burkinabè ont signé, le 8 mai 2026, un accord de financement de 59,75 millions de dollars pour ce projet dont le coût total est estimé à 157 millions de dollars. Prévue sur la période 2026-2031, l’opération doit investir dans des infrastructures agricoles et commerciales adaptées aux changements climatiques. Elle sera mise en œuvre dans les régions du Djôrô et du Guiriko au cours de la première phase, puis dans le Tannounyan. Quelque 60 000 personnes vivant en milieu rural sont ciblées, notamment les femmes, les jeunes, les personnes déplacées internes et celles vivant avec un handicap.
Selon le FIDA, l’agriculture emploie plus de 80 % de la population burkinabè, mais demeure confrontée à une faible productivité, à l’insuffisance des intrants et à une intégration limitée aux marchés. Depuis 1977, l’institution indique avoir investi 461,67 millions de dollars dans 18 programmes et projets de développement rural au Burkina Faso, au bénéfice direct de 623 200 ménages. À la tête du bureau pays, Noël Koutéra Bataka devra donc accompagner un portefeuille orienté vers la résilience climatique, les infrastructures rurales, la transformation des produits et l’inclusion économique. Le principal enjeu sera de convertir les financements annoncés en aménagements fonctionnels, en revenus plus élevés et en débouchés durables pour les producteurs burkinabè.
Gilbert BAZIE






