Dans plusieurs localités du Burkina Faso, la dégradation des terres et l’irrégularité des pluies fragilisent les activités agricoles et pastorales. Pour aider les communautés à mieux faire face à ces contraintes, le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC/BN), composante Burkina Faso, multiplie les investissements dans les infrastructures pastorales et la restauration des terres. Du 13 au 15 juillet 2026, une mission de supervision conduite par Blami Diallo, point focal du PIDACC à la Direction générale des Ressources en eau et de l’Hydraulique, a parcouru plusieurs sites dans les régions du Nakambé et de Oubri afin d’évaluer les réalisations du programme et leurs effets sur les populations.
À Nakaba, dans la commune de Baskouré, la délégation a visité un bouli d’une capacité de 25 000 m³. L’ouvrage permet d’abreuver plus de 100 000 têtes de bétail, tout en réduisant la pression sur les forages destinés à l’alimentation en eau des ménages. Avant sa réalisation, les populations et les animaux partageaient souvent les mêmes points d’eau, une situation qui accélérait la dégradation des installations et pouvait provoquer des tensions entre usagers. Désormais, les éleveurs disposent d’un espace réservé à l’abreuvement de leurs troupeaux. À proximité du bouli, le PIDACC a également accompagné la récupération de plus de 40 hectares de terres dégradées. Cette intervention vise à restaurer la fertilité des sols, limiter l’érosion et accroître les capacités de production des communautés locales.
La mission s’est ensuite rendue à Soolga, dans la commune de Kando, où un second bouli de 25 000 m³ a été aménagé. L’ouvrage réduit les déplacements des éleveurs, autrefois contraints de conduire leurs troupeaux vers d’autres provinces pendant la saison sèche. Selon Salif Morkana, animateur communal du PIDACC, cette infrastructure contribue désormais à sécuriser l’accès à l’eau pour le bétail et à améliorer les conditions d’exercice de l’élevage dans la localité.

Ces réalisations répondent à plusieurs défis à la fois. Elles améliorent la disponibilité de l’eau, soutiennent l’élevage, réduisent les risques de conflits entre usagers et favorisent la restauration des ressources naturelles. Elles permettent également aux ménages ruraux de mieux préserver leurs moyens d’existence face aux sécheresses et à la dégradation des terres.
Pour Blami Diallo, les infrastructures visitées illustrent la pertinence des investissements du programme. « Les ouvrages répondent aux besoins réels des communautés. Ils améliorent l’accès à l’eau, soutiennent les activités d’élevage et renforcent la résilience des populations face aux effets du changement climatique », a-t-elle souligné. À travers le PIDACC/BN, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques mise ainsi sur des solutions concrètes pour protéger les ressources naturelles, sécuriser les activités agropastorales et renforcer durablement la résilience des territoires ruraux.
En rapprochant l’eau des éleveurs et en restaurant les terres dégradées, le programme contribue aussi à préserver les troupeaux, soutenir les revenus des ménages et réduire la vulnérabilité des communautés face aux chocs climatiques.
Alpha BARRO






